RÉFLEXIONS pour Jr 38:1-28
La colère des conspirateurs qui ont voulu tuer Jérémie est difficile à qualifier de totalement injuste. À leurs yeux, il est un traître qui affaiblit l'esprit des défenseurs de la ville, et dans une autre situation le bon droit aurait été de leur côté. Malheureusement, ils ne veulent pas voir que la guerre actuelle ne ressemble nullement à toutes les guerres précédentes d'Israël.
Le roi ne risque pas de contredire les accusateurs de Jérémie et, bien qu'il ne partage pas leur pathos, il est prêt à leur céder. Dans le manque de fermeté du roi face aux ennemis de Jérémie, on peut voir une préfiguration du comportement de Pilate, qui lui aussi n'a pas tenu face à la pression morale: « l'opinion publique » s'appuie trop souvent sur des représentations contre lesquelles il est impossible d'opposer des objections; ses arguments paraissent aller de soi et donc être irréfutables. Mais tout ce qui paraît vraisemblable n'est pas vrai.
En revanche, nous voyons la réceptivité manifestée par l'eunuque Ebed-Mélek, qui a secouru Jérémie. Deux fois dans l'Écriture sont mentionnés des eunuques éthiopiens capables de répondre vivement à l'appel d'en haut: le second sera cet Éthiopien qui, parmi les premiers non-Israélites, répondra à la prédication apostolique. Il y a quelque chose d'important dans le fait que ces deux étrangers, que l'on ne considérait pas comme des hommes pleinement valides à cause de leur mutilation, aient manifesté une réceptivité et une perspicacité spirituelles plus grandes que les Judéens appelés à marcher devant Dieu: le Seigneur peut se révéler à n'importe quel cœur.
