RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mc 10:46-52

Dans la rencontre avec Jésus, certains sont guéris, d'autres non. Certains le remarquent, d'autres l'ignorent. Certains s'approchent, d'autres passent à côté. Et parmi ceux qui s'approchent, les uns viennent pour le Royaume et pour la vie, les autres pour débattre avec lui ou le prendre au piège par une parole. À chacun son choix.

L'aveugle au bord du chemin veut la guérison: il veut recouvrer la vue, voir, et avant tout voir celui qui peut lui rendre la vue, la possibilité même de voir. Est-ce possible? Oui, bien sûr. Dans le Royaume tout est possible, et cet aveugle tend de toutes ses forces précisément vers celui qui a apporté le Royaume dans le monde.

C'est possible, mais à une seule condition: la rencontre devient le but principal et unique, pour lequel, s'il le faut, on peut repousser de côté toutes les conventions, interdictions et limitations. Il ne s'agit évidemment pas des commandements de Dieu, mais bien des limitations et des règles inventées par les hommes, des opinions humaines. L'aveugle appelle Jésus Fils de David, c'est-à-dire Messie. On essaie de le faire taire, car officiellement personne ne reconnaissait Jésus comme Messie, et officieusement les opinions divergeaient fortement.

À ce moment-là, Jésus était de toute façon, dans l'opinion publique, une personnalité scandaleuse ou du moins ambiguë à tous égards. Pour se précipiter vers lui ainsi, il fallait lui faire pleinement confiance, lui faire confiance non pas malgré, mais au-dessus de toutes les conventions sociales, en les ignorant simplement et en ne voyant que l'Homme en tant que tel. Voilà des relations avec le Christ qui sont réellement salvatrices. Non parce qu'il est Dieu et homme à la fois, mais parce que ces relations sont vraies; si elles n'avaient pas été vraies, même sa divinité n'aurait pas aidé.

Au bout du compte, tout est déterminé précisément par les relations, par leur profondeur, leur authenticité, qu'il s'agisse des relations avec Dieu ou avec l'homme. Les vraies relations sont toujours inconditionnelles: elles ne peuvent être conditionnées par aucun facteur extérieur, social, religieux ou autre. C'est seulement alors que les relations deviennent efficaces, transformant ceux qui y entrent. Alors, dans les relations avec le Christ, tout est possible: miracles, guérisons, participation au Royaume. Autrement, tout est inutile, même si l'on le rencontre face à face.