RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 1Co 12:4-6

Paul mentionne l'une des principales propriétés de la vie chrétienne: l'action continuelle, dans la vie de chaque chrétien, du souffle de Dieu, l'Esprit Saint. Comme on le voit d'après les paroles de l'apôtre, ni l'esprit ni la grâce n'existent « en général » et ne sont donnés simplement comme cela, au cas où, « pour qu'il y en ait ». Il s'agit toujours des relations entre l'homme et Dieu, entre l'homme et le Christ. Et la dynamique de ces relations est telle qu'une communion pleine entre l'homme et le Christ n'est possible que lorsqu'elle est incluse dans le contexte des relations qui lient le Christ lui-même à son Père céleste.

Si l'homme prend conscience de ses relations avec Dieu, Dieu peut lui révéler et l'aider à prendre conscience de la réalité de ses relations avec son Fils, et alors l'homme comprend qui est le Christ aux yeux de Dieu. Si cette conscience n'existe pas, l'homme ne verra dans le Christ qu'un homme ordinaire comme lui. Mais si cette conscience est venue, si Dieu a révélé à l'homme la dynamique spirituelle dont parle Paul, alors toute sa vie, si bien sûr l'homme se montre cohérent dans ce qui concerne le chemin spirituel, y est incluse et déterminée par elle. Alors tout ce que l'homme possède dans la vie, comme tout ce qu'il fait, devient partie de cette dynamique, et tout est déterminé par elle. L'homme commence, comme on dit habituellement dans le milieu chrétien, à « vivre selon l'Esprit ». Il ne suffit pas, comme on le pense parfois, de simplement sanctifier ce que l'on possède déjà ou ce que l'on fait déjà. Cela ne suffit pas parce que, bien souvent, on entend par sanctification une sorte d'offre faite à Dieu de ce que l'on a déjà, qu'il s'agisse de biens, de talents et de capacités, de connaissances ou d'une activité quelconque, comme on dit habituellement, « pour la gloire de Dieu ».

Mais dans de tels cas il s'agit, en règle générale, de ce que l'homme choisit pour lui-même, s'il est question d'activité, ou de ce qu'il a lui-même acquis ou reçu de Dieu pour lui-même, s'il est question de connaissances, de talents et de capacités. L'homme reste avec ce qui est à lui et propose ce qui est à lui à Dieu. L'apôtre, lui, a en vue autre chose: il parle de ce qui n'existe que dans le contexte de cette dynamique spirituelle qui détermine les relations de l'homme avec Dieu et avec le Christ, et qui dérive de cette dynamique. Ici, ce n'est pas l'homme qui propose à Dieu ce qu'il possède, mais Dieu qui propose à l'homme ce dont il aura besoin pour le service. À première vue, cette différence peut paraître formelle, mais en réalité c'est précisément ici que se décide qui déterminera la vie de l'homme: lui-même ou Dieu par le Christ, qui seul peut ouvrir à l'homme la route du Royaume.