RÉFLEXIONS pour Jn 17:20-26
Dans le fragment d'aujourd'hui de l'Évangile selon Jean se trouve une idée très importante pour le chrétien, l'idée d'unité, une idée qui est l'un des fondements de la compréhension et de l'expérience de l'Église. Bien plus, dans l'Évangile elle apparaît comme ce que Jésus désirait pour ses disciples presque plus que toute autre chose au monde.
Autre chose est de savoir quelle unité est visée par ces paroles: « ...Qu'ils soient tous un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi... », et la suite. On les interprète habituellement ainsi: Jésus appelait tous à s'en tenir aux mêmes formulations doctrinales et à appartenir à une seule organisation ecclésiale englobante. Pourtant, comme on le sait, le formalisme et l'organisation excessive tuent, tandis que les relations vivantes donnent la vie.
Il s'agit plutôt moins d'une structure ecclésiale réunissant tous sous sa juridiction, bien qu'elle découle souvent naturellement de l'unité de foi et de vie de la communauté chrétienne: après tout, dans notre monde, tous sont obligés d'assumer certaines obligations juridiques pour coexister pleinement avec les autres hommes. Il est beaucoup plus vraisemblable que Jésus proposait à ses disciples de tendre vers une unité intérieure, non sur l'horizontale, mais sur la verticale: à l'image de son unité avec le Père, que chacun ait l'unité avec le Père et le Fils, qui viennent à celui qui garde leur parole et « font leur demeure » dans son cœur et dans sa vie. À proprement parler, c'est seulement par le lien mystique vivant avec le Père et avec la Parole qui le révèle que se construit le Royaume intérieur, qui spiritualise l'existence humaine jusque dans ses dernières profondeurs. Alors toutes les affaires de la vie et tous les projets ecclésiaux reçoivent un fondement ferme dans les cœurs humains accordés aux cœurs des trois: le Père, le Fils et l'Esprit...
Tout est mortel dans ce monde, les pays, les peuples et les structures ecclésiales; toutes peuvent même se détruire littéralement sous les yeux d'une seule génération, comme ce fut le cas dans les tragiques années 20 et 30 du siècle dernier en URSS. Mais demeure immuable cette unité, cette participation personnelle à Dieu qui, dans toutes les conditions historiques et toutes les circonstances de la vie, reste la source éternellement jaillissante de la prière et de l'action chrétiennes.
