RÉFLEXIONS pour Jn 4:5-42
Le récit de l'évangéliste Jean sur la rencontre et la conversation réelles du Seigneur Jésus-Christ avec la Samaritaine aux environs de Sychar se révèle aussi, pour le lecteur, une parabole pleine de sens profond, dans laquelle, comme dans une goutte d'eau, apparaissent certaines choses importantes qui concernent la rencontre de tout homme avec le Christ.
Dans le folklore, on appelle habituellement «eau vive» une sorte de moyen magique qui prolonge ou rend la vie. L'Évangile, lui, nous parle de tout autre chose. Le fait est que la qualité de l'eau dans les puits et les sources peut être très différente, et dans l'usage quotidien de l'ancien Proche-Orient on distinguait aussi les noms donnés à l'eau plus ou moins propre à la boisson. La plus pure et la meilleure d'entre elles était appelée eau vive. Cette notion ne se rapproche pas de l'eau vive folklorique, mais de ce que nous appelons une eau vivifiante. Au milieu d'une journée brûlante, lorsque toutes les femmes convenables (non mariées cinq fois) avaient depuis longtemps fait provision d'eau, une telle eau était bien sûr très désirable pour la Samaritaine.
Mais pour nous, l'essentiel n'est pourtant pas là. On ne peut manquer de remarquer que la Bible contient une ancienne tradition qui rapproche l'eau pure de la foi et de la communion personnelle (ou, si l'on veut, de la «connaissance personnelle») avec Dieu. Le Seigneur parle à la Samaritaine d'une eau qui deviendra dans l'homme une source jaillissant en vie éternelle. L'apôtre Jacques écrit dans l'épître catholique qu'une même source ne peut faire jaillir de l'eau amère et de l'eau douce, rapprochant le flot de l'eau du flot de la vérité. L'évangéliste Jean, à la fin de l'Apocalypse, rapporte les paroles du Seigneur : «à celui qui a soif, je donnerai gratuitement de la source de l'eau vive». Cette image était déjà connue des prophètes : Isaïe, Ézéchiel et Joël l'emploient.
Par conséquent, les paroles du Christ sur l'eau vive peuvent être rapportées au don de la foi qu'Il nous donne. L'eau de l'enseignement du Christ est appelée par Lui vivante, c'est-à-dire pure et non troublée — non dangereuse, contrairement à l'eau d'autres sources, pour la santé spirituelle de l'homme. Au contraire, cette eau devient une source de vie dans l'homme lui-même. Seul le Christ peut nous la donner, et si nous étions capables de le comprendre (si nous connaissions le don de Dieu), nous demanderions cette eau comme l'essentiel.
Et, bien sûr, on ne peut s'empêcher de penser que, dans le désert stérile qu'est la vie de l'esprit humain sans ce don de Dieu, la parole du Christ est vraiment semblable à une gorgée d'eau fraîche et pure par une journée brûlante.
