RÉFLEXIONS pour Jr 5:1-31
Comme autrefois à Sodome, le Seigneur est prêt à épargner Jérusalem s'il s'y trouve ne serait-ce qu'un seul juste. Mais si, pour défendre les justes de Sodome, une voix humaine s'était élevée, ici le Seigneur lui-même est prêt à faire miséricorde à la ville tombée dans le péché. Seulement, il apparaît que même dans la pécheresse Sodome il s'est trouvé un juste, tandis que dans la ville de David il ne s'en est trouvé aucun. Le prophète dénonce non seulement ceux dont la richesse aide à pécher avec éclat, mais aussi les pauvres, ceux qui sont victimes des injustices commises par des fonctionnaires engraissés.
Pour ceux qui ont l'habitude de penser en catégories purement sociales, une telle approche est inacceptable : les pauvres, victimes de l'injustice, semblent déjà justifiés par leur situation écrasée. Mais eux aussi réagissent différemment aux mêmes circonstances difficiles. Le mal ne tient pas compte des clivages de fortune ; il est prêt à contaminer quiconque lui cède. Ceux qui protestent contre l'injustice commise à leur égard deviennent trop facilement injustes envers les autres.
Il faudra répondre de tout cela, mais cette fois encore le Seigneur avertit qu'il ne permettra pas la ruine totale du peuple et ne l'exterminera pas jusqu'au bout. Si les malheurs qui devaient s'abattre sur les pécheurs nous paraissent excessifs, pensons au fait que, par nos péchés, nous méritons souvent infiniment plus que ce qui nous arrive. Et déjà dans le fait que les calamités se révèlent moindres qu'elles auraient pu l'être, il faut voir une manifestation de sa miséricorde envers nous.
