RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Jn 20:24-31

La première chose qui vient à l’esprit à propos de Thomas, c’est qu’il est un homme comme beaucoup d’entre nous, mêlant la foi au manque de foi. Seulement Thomas diffère de nous en ceci : bien qu’on l’ait surnommé l’incrédule, il possédait une foi bien plus grande que beaucoup d’entre nous, qui voudraient assimiler leur scepticisme rationnel immodéré, rongeant l’âme, au désir de Thomas de trouver des fondements solides à la foi. N’oublions pas que Thomas était prêt à suivre le Maître jusqu’au bout, et qu’il l’a prouvé par toute sa vie. Mais il est vrai qu’il lui était difficile de faire confiance aussitôt à toute nouvelle entendue ; il voulait des confirmations et des preuves.

Il y a une part de vérité dans cette prudence : combien de rumeurs circulent au sujet de « manifestations spirituelles », nées du téléphone arabe ou d’hallucinations, voire provenant d’une source empoisonnée ? Le Christ, d’ailleurs, n’a pas rejeté le désir de Thomas de s’assurer personnellement, et Il lui en a donné la possibilité.

Il existe des représentations iconographiques où Thomas met littéralement le doigt dans la plaie du Christ, mais le texte de l’Évangile ne dit pas qu’il ait profité de la possibilité qui lui était offerte. Il raconte autre chose : aussitôt après que le Christ lui eut proposé de mettre la main dans Son côté, Thomas Le confessa comme son Seigneur et son Dieu. Le Christ n’a pas imputé à Thomas ses doutes comme un péché.

Aucun doute, aucune question difficile, tôt ou tard, ne restera sans la réponse de Dieu. Pourvu seulement que les doutes ne deviennent pas un prétexte à l’affirmation de soi d’un sophiste orgueilleux qui, tel Pilate, rejette la possibilité de connaître la vérité, mais qu’ils soient suscités par un effort honnête pour surmonter les difficultés sur le chemin qui mène à elle.