RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Jn 3:22-33

Jean le Baptiste, comme Jésus, avait sa propre communauté, son cercle de disciples et de fidèles. Jésus lavait ceux qui venaient à Lui ; Jean faisait la même chose. Aux yeux de ceux qui les entouraient, et même, comme on le voit, aux yeux de certains disciples de Jean, leur activité était sinon identique, du moins très semblable. Apparemment, certains disciples de Jean considéraient leur maître comme le Messie, qui, tout comme Jésus, cachait pour un temps Sa messianité.

Alors Jean doit mettre les points sur les « i ». Il rappelle à ses fidèles qu’il n’a jamais revendiqué pour lui-même la moindre prétention à la messianité. Mais l’essentiel, selon Jean, est ailleurs : la messianité n’est pas du tout une affaire humaine, c’est l’affaire de Dieu, et si cela « n’est pas donné d’en haut », il ne peut être question d’aucune messianité. Jean, comme Jésus Lui-même, essaie de faire comprendre à ses auditeurs qu’on ne devient pas Messie : on naît Messie. Et il ne peut y avoir ici ni concours, ni rivalité, ni choix. Lui, Jean, n’est pas né Messie ; il ne le deviendra donc jamais. Il a une autre mission.

En effet, si le Royaume messianique était vraiment tel que beaucoup voulaient le voir alors, et à d’autres époques, s’il était un phénomène terrestre, religieux et politique, tout serait différent : la vocation messianique serait alors quelque chose qui rappellerait la vocation prophétique, quelque chose qui pourrait être donné à n’importe qui, si Dieu le choisissait. Mais le Royaume dont Jésus témoigne est avant tout une réalité spirituelle, et elle est indissolublement liée à Sa propre personne : Il le porte en Lui, Il le porte depuis le commencement. Il est né Messie, et il ne peut y avoir d’alternative à Lui. Jean le comprend et le reconnaît. Et il essaie d’expliquer la même chose à ses disciples et à ses fidèles.