RÉFLEXIONS pour Ex 32:7-14
Qu’est-ce que le peuple de Dieu ? Et qu’est-ce que son histoire ? Nous sommes habitués à regarder cette histoire avec les yeux d’un homme terrestre ordinaire. Nous connaissons l’histoire. Nous savons que le peuple de Dieu est le peuple juif. Nous savons qu’Abraham en fut le père, et que Moïse fut le grand prophète qui le fit sortir d’Égypte. Nous savons quel fut le chemin du peuple juif de l’Égypte vers la terre promise par Dieu. Et il nous semble qu’il ne pouvait pas en être autrement. À notre manière, nous avons raison : l’histoire ne connaît pas le conditionnel.
Mais cela vaut dans notre monde. Dans le monde déchu et donc limité. Dans le grand monde de Dieu, qui est toujours demeuré son Royaume, tout est différent. Là, une alternative est possible. Notre histoire n’y existe pas en vertu d’une quelconque nécessité — sociale, politique, économique ou autre — mais grâce au choix et à la décision de Dieu. Une décision qui prend aussi en compte le libre choix des hommes. Des hommes auxquels Dieu s’adressait, voulant faire d’eux les pères et les guides spirituels du peuple. Des hommes auxquels il donna la Torah. Des hommes qui, tant que Moïse n’était pas près d’eux, faisaient chacun leur choix : participer au culte du veau ou non.
C’est pourquoi, dans le grand monde de Dieu, des variantes sont toujours possibles. Rien n’est prédéterminé. Tout peut toujours recommencer, y compris l’histoire du peuple de Dieu. Tout est possible à Dieu, mais il regarde l’homme. Son choix.
Dieu dit à Moïse : tu vois, l’expérience a échoué. Ou elle est sur le point d’échouer. Une chance a été donnée au peuple, mais il ne saura pas en profiter, cela se voit déjà. « Ton peuple », souligne Dieu en s’adressant à Moïse. Le tien, et non le mien : mon peuple ne danse pas autour du veau. Alors peut-être, dit Dieu à Moïse, recommencerons-nous depuis le début ? Par exemple avec toi : tu m’es fidèle, tu me connais, et je te connais. De toi, avec mon aide, naîtra un autre peuple ; à lui aussi une chance sera donnée, et peut-être cet autre peuple, issu de toi, en fera-t-il meilleur usage que l’actuel ?
Mais Moïse ne veut pas abandonner ce qui a été commencé. Il dit : et ton plan, alors ? Car c’est un témoignage pour le monde entier. Serait-ce vraiment un échec ? Essayons tout de même encore. Voilà ce que Moïse dit à Dieu. Et Dieu se met d’accord avec son prophète. Et l’histoire du peuple de Dieu continue. Les gens en bas ont pensé : Moïse a réglé l’affaire. À grand prix — tous les apostats ont été tués — mais il l’a réglée. Voilà ce qu’on voit depuis la terre. Depuis le ciel, c’est différent. Mais parmi les contemporains de Moïse, lui seul le savait. Et peut-être les quelques personnes à qui il s’est décidé à le raconter. Maintenant, nous le savons aussi. Il ne reste qu’à choisir.
