RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Ac 3:1-10

Les Évangiles sont pleins de récits de guérisons. Et le livre des Actes poursuit cette tradition: aussitôt après le récit de l'Ascension du Sauveur et de la Pentecôte vient celui d'une guérison accomplie, il est vrai, non plus par le Christ lui-même, mais par les apôtres au nom du Christ. On pourrait certes tout expliquer par le fait qu'un des Évangiles synoptiques et le livre des Actes ont le même auteur. Mais ce n'est que l'aspect extérieur de la question. Ce qui compte davantage, c'est le lien essentiel entre les événements évangéliques et ceux qui sont décrits dans les Actes. Et il s'agit avant tout, bien sûr, de la promesse que Jésus a faite aux apôtres au temps de son ministère terrestre: la promesse qu'eux aussi pourraient accomplir sur la terre tout ce qu'il accomplissait lui-même.

Mais ce n'est pas encore tout. L'essentiel est que l'histoire du Royaume dans le monde continue. Et donc l'histoire chrétienne continue aussi. Non pas l'histoire de quelconques institutions ecclésiastiques chrétiennes, ni de ce qu'on pourrait appeler, de manière assez conventionnelle, une civilisation chrétienne, mais l'histoire de l'Église. Celle qui s'écrit avec une majuscule. Celle qui est une communauté de personnes vivant dans le Royaume. Au fond, le Christ n'a créé aucune autre Église. Il a justement laissé sur la terre une petite communauté, au début, d'habitants du Royaume. Ou plutôt de ceux qui devaient devenir habitants du Royaume, après sa Résurrection, après la Pentecôte. Ceux par qui le Royaume continuerait d'exister dans le monde, en le transfigurant.

La guérison par les apôtres de l'infirme assis à l'entrée du Temple était précisément le témoignage que les apôtres étaient devenus habitants du Royaume: car c'est bien la force du Royaume, son souffle, qui a guéri l'infirme. Elle accompagnait les apôtres comme elle accompagnait le Sauveur lui-même lorsqu'il parcourait la terre. Ainsi son œuvre s'est poursuivie sur la terre. Et l'histoire du salut.