RÉFLEXIONS pour Ac 2:22-32
Pour les chrétiens, le fait de la Résurrection de Jésus d’entre les morts a toujours servi de preuve de Sa messianité ; pourtant les apôtres ne le regardent pas de manière aussi directe : pour eux, il est évident que la Résurrection du Sauveur n’est pas seulement une manifestation de la puissance de Dieu, mais aussi le point culminant de ces processus spirituels qui ont commencé bien avant la venue du Sauveur dans le monde. S’il en était autrement, elle n’aurait pas pour les chrétiens la signification qu’elle a ; car, après tout, Dieu peut ressusciter qui Il veut, si telle est Sa volonté, et à la fin des temps viendra le jour où ressusciteront tous ceux qui ont jamais vécu sur la terre.
La manifestation de la puissance de Dieu est toujours un signe, mais les signes n’ont de sens que dans le contexte des événements auxquels ils sont liés ; c’est pourquoi la Résurrection du Sauveur n’a de sens que dans le contexte de toute l’histoire du peuple de Dieu et, plus largement, de toute l’histoire de la Révélation, qui commence avec la création du monde : car Dieu s’est révélé au monde dès le commencement de son existence. Et bien que Pierre, dans sa prédication, n’aille pas si loin, il rappelle David, précisément parce que des promesses dépassant les limites de l’histoire terrestre se sont trouvées liées à David. Pierre voit dans tout ce qui arrive l’accomplissement des promesses données à David. Il comprend que le royaume promis à David, qui ne cessera pas et ne disparaîtra pas, n’est pas un royaume terrestre, mais celui-là même que Jésus a apporté dans le monde, le Royaume avec une majuscule.
La venue du Messie est à la fois une rupture de l’histoire terrestre et son sommet. Car il ne s’agit pas seulement de la manifestation de la puissance de Dieu au moment de la Résurrection ; il s’agit aussi du fait que la puissance de Dieu, la puissance du Royaume, est désormais entrée dans le monde, et que l’ancienne histoire, l’histoire du monde déchu, s’est achevée là. Une autre histoire a commencé, l’histoire du Royaume. Et le commencement de cette histoire fut la Pentecôte, tandis que sa source fut la Résurrection. Si la Résurrection avait été quelque chose d’absolument étranger au monde, elle serait restée un fait isolé de l’histoire terrestre ; pour nous aujourd’hui, elle aurait été le plus grand des miracles, mais resté loin dans le passé. Or elle est devenue la source de ce Royaume dont l’histoire continue aujourd’hui, et à cette histoire, en tant que chrétiens, nous avons un rapport direct et immédiat.
