RÉFLEXIONS pour Jn 12:1-18
Pourquoi une foule enthousiaste accueille-t-elle Jésus dans les rues de Jérusalem ? L’évangéliste répond à cette question de façon tout à fait claire : parce que la nouvelle de la résurrection de Lazare par Lui s’est déjà répandue dans la ville, car de Jérusalem à Béthanie il n’y a pas très loin. Et bien sûr, beaucoup pensèrent alors que le Messie tant attendu était enfin venu : car c’est précisément Sa venue qui marquera le début de cette résurrection universelle précédant le Jugement dernier, à laquelle croyait et qu’attendait alors la majorité des Juifs croyants. Il semblerait que cette foi et ces attentes correspondaient pleinement au but principal du ministère terrestre du Sauveur, dont l’accomplissement était désormais tout proche. La victoire sur la mort était proche ; il semblait que rien n’empêchait plus de l’annoncer ouvertement.
Et pourtant il y avait quelque chose qui distinguait profondément les attentes populaires de la réalité nouvelle qui allait venir dans le monde. La rumeur de la résurrection de Lazare, ou plus exactement la réaction de la foule de Jérusalem à cette rumeur, indiquait cette différence plus clairement que toute autre chose. À ce qu’on voit, le peuple attendait et désirait réellement la résurrection universelle. Mais il la voyait comme un retour à cette vie compréhensible et familière du monde non transfiguré, qui, pour peu qu’on la débarrasse des maladies et de la menace d’une fin inévitable, lui paraissait idéale. Bien sûr, on supposait aussi la résolution de tous les problèmes sociaux : dans le Royaume messianique il n’y aurait pas seulement plus de malades, mais plus de pauvres ; tous seraient rassasiés et, sinon riches, du moins aisés. Et beaucoup de ceux qui acclamaient Jésus pensaient que maintenant, puisque « le processus était lancé », Il se déclarerait enfin ouvertement Messie et se mettrait à faire ce qu’on attendait de Lui depuis longtemps : chasser de Judée les Romains et les autres païens, prendre la tête de l’État nouvellement créé, résoudre tous les problèmes sociaux, promulguer des lois justes fondées sur la Torah, et résoudre tous les problèmes miraculeusement, comme Il avait agi jusqu’alors en guérissant, ressuscitant et nourrissant.
Et peut-être Jésus seul savait-Il qu’il n’en serait rien. La résurrection ne commencerait qu’au moment de Sa mort sur la croix, lorsque les tombeaux s’ouvriraient et que les premiers justes en sortiraient, ressuscités non pour l’ancienne vie, mais pour la vie nouvelle, pour la vie du Royaume qu’Il a apporté dans le monde.
