RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mt 28:1-20

Le trait principal de la Résurrection fut sans doute son caractère inattendu, absolument pour tous, pour les amis comme pour les ennemis du Ressuscité. Les femmes allèrent au tombeau afin d’achever le rite funéraire inachevé ; la rencontre avec Jésus ressuscité fut pour elles une surprise totale. Quant aux apôtres, même après avoir entendu parler de la Résurrection, ils ne crurent pas : à ce qu’on voit, ils décidèrent que les femmes avaient simplement eu une apparition dans l’obscurité.

Une question naturelle se pose : pourquoi ? Pour les ennemis du Ressuscité, tout est clair : Sa Résurrection fut sans doute la conclusion la plus cauchemardesque possible de cette histoire. Mais à la lecture des récits évangéliques de la Résurrection, on commence parfois à penser que, aussi paradoxal que cela paraisse, même aux disciples de Jésus Sa Résurrection parut étrange et même superflue. Ils refusent de croire ; il leur semble que tous les récits de la Résurrection ne font que troubler les gens. Certes, ils n’attendaient réellement rien de tel. Mais il y avait peut-être autre chose : les disciples de Jésus ne pouvaient pas encore se détacher de leurs représentations traditionnelles et très humaines du Messie et du messianisme.

Après la terrible nuit de Gethsémani, ils ne comprirent qu’une chose : tout était perdu, Il n’était pas Celui pour qui ils L’avaient pris, il n’y aurait pas de guerre messianique, il fallait se séparer du rêve. Et en même temps, il restait la mémoire sacrée du Maître, qu’on ne pouvait déjà plus oublier, avec qui, malgré l’échec, tant de choses étaient liées qu’il était impossible de renier Son souvenir. C’est là aussi une vision du monde tout à fait constituée, même tragique, que l’on peut porter toute sa vie et avec laquelle on peut vivre cette vie. Et soudain il apparaît que tout n’est pas encore fini, qu’après le cauchemar et l’horreur des jours pascals vécus, cela n’a pas suffi, que l’histoire n’est pas encore terminée ; on dit qu’on L’a de nouveau vu vivant ! Quoi encore ? Qu’est-ce donc cette fois ? Quelles nouvelles espérances donnera-t-Il pour les détruire ensuite ? Ou bien n’est-ce pas Lui du tout ? Peut-être les femmes sont-elles simplement devenues folles de chagrin ? Il ne manquerait plus que des exaltées insensées ternissent la mémoire du Maître !

Il n’est pas étonnant que Jésus doive, après Sa Résurrection, convaincre à plusieurs reprises Ses disciples qu’Il est bien Lui, qu’Il est réellement vivant, que le plus terrible est vraiment passé, et que devant eux s’ouvre toute une vie avec Lui dans Son Royaume. Et que c’est seulement là, dans le Royaume qui « s’est approché », que l’histoire s’achèvera. Et que commencera la vie. La vie dans toute sa plénitude.