RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 10:32-45

Les apôtres se représentaient encore bien mal ce qu'était le Royaume que leur Maître avait apporté dans le monde, s'ils Lui posaient des questions sur ceux qui devaient y occuper les places d'honneur à Ses côtés. Pour eux, c'était sans doute une réalité de notre monde, quoique inhabituelle. Peut-être pensaient-ils qu'il s'agissait d'un État terrestre qui serait cependant rempli des signes et des miracles de Dieu accomplis par leur Maître, lequel, enfin, avec l'aide de Dieu, prendrait la place qui Lui revenait. Quant à la coupe et au lavage (« baptême »), ils les ont très probablement compris en ce sens qu'avant le triomphe les attendait tous une longue lutte, et que chacun aurait sa part de souffrances, ce qui, dans l'ensemble, correspondait tout à fait aux représentations messianiques généralement admises alors.

Pourtant Jésus accepte leur disponibilité, en leur disant qu'ils devront boire la même coupe que Lui et recevoir le même lavage que Lui, sans entrer dans les détails ni tenter de leur expliquer quoi que ce soit. À l'évidence, Il comprenait qu'à ce moment-là toute explication était inutile : les disciples ne L'auraient de toute façon pas compris, comme ils ne L'avaient pas compris jusque-là.

Mais Jésus dit aussitôt à Ses disciples que, dans Son Royaume, tout est différent des royaumes terrestres, manifestement afin qu'ils n'aient dès le début aucune illusion à ce sujet. Il tient, à l'évidence, la disposition intérieure à ne pas dominer, mais à servir, pour le fondement spirituel sans lequel il ne peut être question d'aucune vie dans le Royaume. Quant aux détails de l'organisation du Royaume, Il les juge manifestement moins importants : si les disciples ne les comprennent pas maintenant, ils les comprendront plus tard, après avoir acquis l'expérience spirituelle nécessaire. Ainsi le Sauveur établit Lui-même les priorités en matière de vie spirituelle : d'abord ce sans quoi on n'entre pas dans le Royaume, puis, à mesure que l'expérience spirituelle s'accumule, tout le reste.