RÉFLEXIONS pour Jc 3:18
À la fin du troisième chapitre de son Épître catholique, l'apôtre Jacques parle de la différence entre la sagesse humaine et la sagesse divine. Dans ce cas, il s'agit de la sagesse au sens ancien de ce mot : suivre le chemin de la vie, choisir correctement la voie. Quelques décennies après l'apôtre Jacques, la Didachè (l'Enseignement des douze apôtres) formulera la représentation panbiblique de la sagesse, reçue aussi par les chrétiens, par ces mots : « Il y a deux chemins, l'un de vie et l'un de mort ; et grande est la différence entre les deux ». Pour l'apôtre Jacques, la sagesse donne avant tout la possibilité de choisir le chemin de la vie. L'apôtre dit qu'une telle sagesse n'est donnée que par Dieu ; tout le reste, il l'appelle sagesse terrestre, psychique et démoniaque, ne distinguant, comme la Didachè, que deux chemins.
La sagesse divine donnée aux hommes, selon la parole de l'apôtre, porte dans la vie de l'homme un bon fruit, qu'il appelle le fruit de la justice. L'apôtre emploie ce terme à la suite du Seigneur Jésus-Christ, qui a parlé plus d'une fois des fruits que porte dans notre vie la semence semée par Dieu. Ce fruit de justice (de droiture dans la traduction synodale) est, au fond, synonyme de vie éternelle, parce qu'il implique la liberté à l'égard du péché, l'unité avec Dieu et, par conséquent, la liberté à l'égard de la mort.
L'apôtre Jacques donne à ses destinataires des indications aussi pratiques que possible sur la manière d'atteindre le fruit de justice, le bon fruit de la vie. Il y consacre une part considérable de toute l'Épître, mais sa pensée est exprimée le plus brièvement dans ces mots : « Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui gardent la paix ». Ici, nous nous heurtons à une particularité de la traduction synodale. Le texte grec de l'Épître dit littéralement que « le fruit de justice est semé paisiblement par ceux qui font la paix ». Il s'agit donc de plus que de conserver la paix dans son propre coeur. L'apôtre parle de l'édification de la paix en nous-mêmes et, bien sûr, autour de nous : tout le troisième chapitre y est consacré. Édifier la paix, servir la réconciliation, voilà ce qui conduit principalement l'homme à la vie. Tous les autres chemins, l'apôtre les appelle démoniaques.
