RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Lc 1:24-38

L'apparition de l'ange à la Vierge Marie, l'Annonciation, qu'est-ce que c'est ? Une révélation semblable à beaucoup d'autres décrites dans la Bible ? Oui, bien sûr, il s'agit sans aucun doute précisément d'une révélation qui, par son fond et par sa forme, ressemble à beaucoup d'autres. Une révélation unique où il est question de la naissance du Messie ? Oui, sans aucun doute : le contenu principal de la révélation se réduit bien à la bonne nouvelle de Sa naissance. Mais il n'y a pas seulement tout cela : il y a ici quelque chose de plus.

Un indice de ce plus grand mystère se reflète d'ailleurs dans le nom traditionnel même de l'événement : l'Annonciation, c'est la même chose que l'Évangile, la bonne nouvelle. Où donc commence l'Évangile, la bonne nouvelle, l'Annonciation ? Dans les anciennes prophéties sur la venue du Messie ? Oui, bien sûr, mais là ce n'est encore que la préhistoire. Dans la promesse que l'ange annonce à la Vierge Marie ? Sans aucun doute : il Lui annonce l'accomplissement des anciennes prophéties. Mais l'avenir reste l'avenir, il est encore devant nous, et le passé reste le passé, il est déjà derrière nous. Or la bonne nouvelle est toujours au présent ; autrement, elle n'existe pas.

Qu'y a-t-il donc au présent ? « L'Esprit Saint viendra sur Toi, et la puissance du Très-Haut Te couvrira de son ombre ». Plus précisément, selon le sens du texte grec, ce n'est pas « viendra » et « couvrira », mais « descend » et « couvre » : les formes grecques permettent de traduire au présent autant qu'au passé. Voilà ce qui est vraiment la bonne nouvelle. Car la bonne nouvelle inclut toujours celui à qui elle s'adresse. Elle l'inclut dans le processus qui suppose sa réalité, la possibilité de son accomplissement en plénitude, là et au moment où cet accomplissement est prévu par la providence de Dieu.

Or la providence de Dieu, lorsqu'elle se révèle à l'homme, ne reste jamais pour lui seulement dans l'avenir ; elle se révèle toujours à celui à qui elle se révèle comme un présent éternel, dont sa propre vie devient une partie. Il en fut ainsi pour la Vierge Marie : la bonne nouvelle a fait d'Elle-même une partie de la providence de Dieu. Bien sûr, avec Son consentement : « voici la servante du Seigneur ». Sans un tel consentement, l'homme ne devient pas une partie de la providence de Dieu. La Vierge Marie a consenti, et Elle est devenue Celle qu'Elle est devenue. La Mère du Messie.