RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Ex 10:1-29

Vient un moment où même le pharaon comprend qu'il faut faire quelque chose, sinon son pays ne supportera pas les malheurs qui s'abattent sur lui les uns après les autres. Ce moment était pour lui très désagréable: il fallait consentir à ce à quoi il n'avait aucune envie de consentir. Les considérations étaient très diverses, y compris strictement politiques: laisser partir une grande masse de gens quelque part dans le désert, où tous ces gens resteraient sans surveillance ni contrôle, était risqué.

Le pharaon essaie de trouver une issue: il veut s'entendre d'avance avec Moïse sur le nombre de personnes qui iront avec lui et sur leur identité. Moïse, au contraire, ne communique aucun détail au pharaon. Il demande de laisser partir tout le monde, et avec le bétail: car on ne sait pas précisément quel animal du troupeau Dieu choisira pour Lui-même en sacrifice. Une telle réponse alerta le pharaon: il supposa aussitôt que Moïse tramait quelque chose de mauvais.

Ici, comme dans une goutte d'eau, se reflète ce problème général, celui de la méfiance mutuelle originelle, qui empoisonne la vie de l'homme déchu. En regardant les autres, en évaluant leurs plans, en pénétrant leurs intentions, nous sommes toujours portés à supposer le pire. Moïse avait effectivement l'intention de faire finalement sortir son peuple d'Égypte; c'est vrai, mais il mentait à peine au pharaon au sujet de ses intentions au moment même où il en parlait.

À en juger par la suite des événements, on peut penser que la décision de quitter l'Égypte et de ne plus y revenir fut prise par Moïse seulement lorsqu'il devint clair que le pharaon n'accepterait pas le peuple dans sa nouvelle qualité spirituelle, celle qu'il aurait acquise après la conclusion de l'alliance avec Dieu. S'il en avait été autrement, il n'est pas exclu que, même après la conclusion de l'alliance au Sinaï, les Hébreux n'auraient pas quitté le pays immédiatement: car, partis aussi soudainement qu'ils le firent, les fugitifs se trouvèrent complètement non préparés tant à la vie dans le désert qu'au chemin à la suite de Dieu.

Il fallait du temps pour se préparer, temps qu'il aurait été tout à fait possible, dans d'autres circonstances et avec une autre attitude des autorités envers ce qui se passait, de passer aussi en Égypte. La position du pharaon, cependant, rendit une telle évolution des événements complètement impossible. Quand le pharaon interdit directement à Moïse de se présenter devant lui et de revenir sur la question que Moïse lui avait posée, le prophète comprit: le temps des demandes était terminé; désormais tout se déroulerait autrement, selon un autre scénario.