RÉFLEXIONS pour Ex 11:1-10
De toutes les plaies d'Égypte, la dernière, la mort des premiers-nés, paraît la plus cruelle et la plus injuste. Certes, une situation où, à cause du choix d'un seul homme, même doté d'un pouvoir illimité, tous souffrent ne paraît juste ni du point de vue humain ni du point de vue divin. Le problème, toutefois, est que le monde déchu n'est pas juste du tout. La nature ne connaît pas la justice; de même, la société qui vit selon des lois rappelant beaucoup celles de la nature, les lois du troupeau ou de la meute, ne la connaît pas non plus. Or une société composée d'hommes déchus vit précisément ainsi. Dans le monde naturel, il arrive souvent que l'erreur du chef perde le troupeau; il en va de même chez les hommes, lorsque l'erreur d'un dirigeant investi du pouvoir et ne connaissant pas Dieu perd tout un peuple.
On pourrait croire qu'il est au pouvoir de Dieu d'empêcher un tel cours des événements, et qu'un Dieu qui veut du bien à l'homme devait nécessairement le faire. C'est vrai, mais avec une réserve: on ne pouvait les empêcher que si le pharaon avait reconnu l'autorité de Dieu sur lui. La dernière plaie ne diffère en rien des autres à cet égard. Il ne s'agit pas de la vengeance de Dieu contre ceux qui Le rejettent, mais du fait que, sans une telle reconnaissance, l'homme ne pourra tout simplement pas profiter du salut que Dieu peut lui donner. Il est impossible de saisir la main qui t'est tendue et, en même temps, de la repousser.
Or le pharaon finit par décider précisément de la repousser, et de la repousser grossièrement et durement, en menaçant Moïse de mort s'il reparaissait devant lui (Ex 10:28). Toutes les relations avec Moïse, à la fois comme homme et comme prophète de Dieu, furent rompues, et Moïse lui-même le confirma (Ex 10:29). Désormais le pharaon allait rencontrer la puissance de Dieu dans toute sa plénitude, tandis que l'amour et la miséricorde de Dieu lui étaient devenus entièrement cachés. Pour Dieu, un tel choix du pharaon signifie d'immenses possibilités pour l'Égypte, perdues pour toujours (v. 9). Ce qu'elles étaient et quels miracles Dieu aurait pu manifester dans ce pays, on ne peut que le deviner.
Pour le pharaon, la rencontre avec la puissance de Dieu devait devenir vraiment terrible, d'autant plus que son coup ne tombait pas seulement sur lui personnellement, mais aussi sur tous ses sujets. Mais, compte tenu de la position prise par le pharaon envers Moïse et envers le Dieu d'Israël, c'était la seule possibilité d'accomplir le plan de Dieu. Désormais la situation se formera de telle sorte que presque rien ne dépendra plus du choix du pharaon, et la seule pensée des Égyptiens sera le désir de se débarrasser de Moïse lui-même, de son peuple et de son Dieu, dont le pharaon a rejeté la miséricorde, Le rendant pour lui-même vraiment redoutable.
