RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Jn 5:1-15

La Torah, les commandements donnés par Dieu, ont toujours été perçus comme un guide sur le chemin de la justice. Il n'est pas surprenant que Jésus se tourne vers la Torah, plus précisément vers le Décalogue, en interprétant ses commandements du point de vue du Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Or, du point de vue du Royaume, ce qui passe au premier plan n'est pas l'acte comme tel, mais l'intention qui se tient derrière lui, l'intention que l'homme met dans l'acte qu'il accomplit. Et si l'intention existe, le fait que l'acte soit accompli ou non ne change rien de fondamental. Si, par exemple, un homme hait tellement son prochain qu'il est prêt à le tuer, Jésus, visiblement, assimile une telle haine au meurtre.

À première vue, une telle approche peut paraître trop sévère. Mais il faut garder à l'esprit que la Torah intérieure, dont parlaient à cette époque de nombreux rabbins savants et maîtres de la Torah, mettait précisément l'intention au premier plan. Se libérer des mauvaises intentions était considéré comme une étape essentielle sur le chemin de l'acquisition de la Torah intérieure. Mais il ne s'agit pas seulement de la Torah intérieure comme telle. Il s'agit aussi du fait que, pour le Royaume, les intentions ont une importance particulière. Car la substance du Royaume est le souffle de Dieu, et son tissu est formé par les relations qui unissent l'homme aussi bien à Dieu et au Christ qu'à ses prochains.

De la qualité des relations dépend non seulement la qualité de la vie de l'homme dans le Royaume, mais aussi la possibilité même d'y demeurer. Voilà pourquoi Jésus accorde tant d'attention à l'intention: car chacune de nos intentions, si nous sommes habitants du Royaume, concerne non seulement nous-mêmes et les personnes vers lesquelles elle est dirigée, mais aussi tout le Royaume dans son ensemble, dans toute sa plénitude.