RÉFLEXIONS pour Ex 10:1-29
Dans les relations de l'homme avec Dieu, il y a une logique propre, et si l'homme repousse encore et encore la main que Dieu lui tend, cela ne peut rester sans conséquences. À première vue, une telle situation paraît peu compréhensible: après tout, Dieu peut tout simplement laisser tranquille celui qui ne veut pas avoir affaire à Lui. Mais que faire si, en raison des circonstances, cet homme qui ne veut pas connaître Dieu s'est trouvé à une place où la réalisation du dessein de Dieu dépend de sa décision? Car la providence de Dieu se réalise dans un monde d'hommes libres, et dans le monde déchu l'homme, usant de sa liberté, ne tient pas toujours compte des plans de Dieu. Alors Dieu doit agir avec fermeté. L'intransigeance du pharaon, en un certain sens, oblige Dieu lui aussi à devenir intransigeant envers lui. Alors le signe ne sera plus la reconnaissance par le pharaon de l'autorité de Dieu, mais l'accomplissement par Dieu de Son plan malgré la volonté du pharaon (v. 1-2).
Quant au pharaon lui-même, il rencontrera face à face non l'amour de Dieu, mais la puissance de Dieu. Et cette puissance sera telle que sa supériorité évidente sera claire pour tous et pour chacun (v. 7). Il faut tenir compte d'une telle puissance. Mais en tenir compte ne signifie pas l'accepter. Même un mage ou un matérialiste est parfois prêt à reconnaître qu'il existe dans le monde des forces supérieures aux forces humaines, que ce soit la puissance de la science ou celle de la magie. Mais même si, derrière cette force, un tel matérialiste sent la présence d'une volonté infiniment supérieure à la volonté humaine, il ne la reconnaîtra pas forcément comme supérieure à lui-même, car le plus fort n'a pas toujours le droit de dominer le plus faible. Certes, la nature n'est pas ainsi; selon la loi de la nature, le plus fort a le droit de dominer le plus faible, mais l'homme accepte rarement cet ordre des choses comme une norme, même s'il reconnaît en paroles la nature comme la réalité suprême et dernière.
Alors, confronté à la puissance de Dieu et ne trouvant pas Dieu derrière elle, l'homme tente de négocier avec elle ou avec celui qui, lui semble-t-il, se tient derrière elle, comme le pharaon tente de négocier avec Moïse (v. 8-11, 24-27). On pourrait croire que c'était justement là l'occasion d'essayer d'entrer en contact avec le pharaon et d'essayer d'adoucir son coeur. Mais en réalité un tel marchandage ne suppose aucune communion véritable, ni même une vraie rencontre avec Dieu: il n'admet pas la reconnaissance de l'autorité de Dieu; au contraire, son but est de tenter de payer pour se libérer et se débarrasser du Dieu de Moïse, de faire quelque chose pour qu'Il laisse enfin en paix l'Égypte, le pharaon lui-même, et d'y parvenir au moindre coût. Voilà pourquoi les garanties du retour de ceux qu'il laisse partir pour la fête sont si importantes pour le pharaon. Mais dans les relations avec Dieu, le marchandage n'a pas sa place.
