RÉFLEXIONS pour Lc 12:1-34
En parlant du Royaume à ses disciples, Jésus le décrit avant tout comme une vie nouvelle, ouverte à ceux qui la cherchent. Mais on ne peut la trouver qu'à condition d'être soi-même absolument ouvert. Pour vivre de la vie du Royaume, il faut renoncer à sa propre vie. Non pas à l'espace vital en tant que tel, ni au courant de vie que la Bible appelle l'âme, mais au fait de s'approprier cet espace et ce courant, de les considérer comme sa propriété inaliénable, comme quelque chose qui vous appartient de droit.
Dans le Royaume, tout est autrement. Là, la vie est commune. Une seule pour tous. Elle n'est pas une propriété, elle est à l'usage de tous. Et l'ampleur de cet usage n'est limitée par rien, sinon par le potentiel spirituel de la personne elle-même. Autant de vie du Royaume elle pourra contenir, autant elle en recevra. Mais elle ne devient la propriété de personne au sens où nous avons l'habitude d'employer ce mot pour les rapports de propriété dans notre monde.
La vie du Royaume est tienne dans la mesure où tu peux vivre de cette vie. C'est pourquoi Jésus conseille de s'abandonner au courant de la vie du Royaume. D'y entrer comme dans un fleuve. Et d'avancer avec lui. Sans chercher, comme on dit aujourd'hui, à fixer quoi que ce soit. Sans chercher à évaluer ses propres états, ses réussites ou ses échecs. Sans s'accrocher à rien de ce qui attire et retient l'homme dans ce monde. Et surtout sans tenter de faire entrer la vie du Royaume dans des cadres religieux: ni avec le levain des pharisiens, ni avec celui des sadducéens, on ne pétrit la vie nouvelle. Le Royaume n'entre dans aucun cadre humain, mais il entre dans le coeur humain. Si, bien sûr, il devient pour l'homme le trésor principal. Car là où est le trésor, là aussi est le coeur.
