RÉFLEXIONS pour Ex 4:1-31
Aucun dessein de Dieu ne s’est accompli sans la participation directe du peuple de Dieu. Mais aucun de Ses desseins ne s’est accompli non plus sans cet homme unique, choisi par Lui-même, sur qui était déposée, pour ainsi dire, la responsabilité personnelle de la réalisation du plan de Dieu. Et maintenant cet homme devait être Moïse (Ex 3:10).
Et là, Moïse prend peur. Il pose à Dieu une question tout à fait naturelle dans une telle situation : « Et qui suis-je, au juste, pour prendre cette affaire sur moi ? » (Ex 3:11). Et il reçoit aussitôt une réponse parfaitement claire : « Il ne s’agit pas de savoir qui tu es ; c’est Moi qui t’envoie, et par conséquent, qui que tu sois, tu retourneras en Égypte et tu feras tout ce que Je te confie » (Ex 3:16–20).
Mais il n’est pas facile pour l’homme d’accepter une telle mission à de telles conditions. Et Moïse tente de refuser la mission.
Cela commence par une question tout à fait naturelle : et s’ils ne me croient pas (v. 4) ? Cela pouvait sans doute réellement arriver, mais Dieu résout ce problème sans aucune difficulté (v. 2–9). À première vue, de tels « miracles » ressemblent surtout à des tours de cirque ou à des procédés magiques ; mais le niveau de conscience religieuse de l’immense majorité des compatriotes de Moïse était alors tel qu’il était impossible de les convaincre autrement de la réalité de l’intervention de Dieu.
Viennent ensuite des affirmations sur sa propre « difficulté à parler », qui peut empêcher Moïse d’accomplir la mission que Dieu lui a confiée (v. 10). Il ne s’agissait guère ici d’un défaut physique. Très probablement, Moïse voulait dire qu’il ne savait pas parler comme parlaient les prophètes de ce temps, lesquels, sentant la proximité des puissances supérieures, entraient en extase et prononçaient des prophéties inspirées, souvent sous forme poétique. Moïse savait parfaitement qu’il n’était pas prophète, car les prophètes étaient tout autres. Mais Dieu dit à Moïse que c’est Lui qui donne l’inspiration et le don de la parole prophétique, et que Moïse n’a donc pas à se troubler (v. 11–12).
Alors Moïse demande directement : envoie quelqu’un d’autre (v. 13). C’est alors que tout devient clair : il ne s’agit pas du fait que Moïse craigne qu’on ne le croie pas, ni qu’il doute de sa vocation prophétique. Il n’ose tout simplement pas s’en remettre à Dieu seul, en rejetant toutes les conventions et représentations humaines. Et alors il éprouve ce qu’est la colère de Dieu, tout en recevant pour aide son frère, dont nous apprenons qu’il était un vrai prophète, un prophète « correct » (v. 14).
Et pourtant, en envoyant Aaron pour aider Moïse, Dieu n’enlève pas à Moïse lui-même sa responsabilité, lui laissant le rôle principal (v. 15–16). Désormais Moïse n’a plus rien à objecter à Dieu, et il part accomplir la mission qui lui a été donnée (v. 18).
