RÉFLEXIONS pour Lc 11:1-28
La lecture d’aujourd’hui comprend deux épisodes que l’évangéliste réunit en un seul récit. Il commence par la question des disciples au sujet de la prière ; en réponse, Jésus leur propose, et par là même à nous tous, la prière du « Notre Père » (v. 1–4). Luc, comme on le voit, accorde une attention principale à l’importance de la demande, et même de la demande insistante, comme condition nécessaire pour obtenir ce qui est demandé (v. 5–13). Il semblerait que Dieu ne soit pas un homme, pour qu’il faille Lui rappeler encore et encore, comme à un intendant oublieux ou malveillant, ce que l’on demande. Mais, d’autre part, l’insistance apparaît ici avant tout comme le témoignage que l’homme se souvient de sa demande, qu’elle est réellement importante pour lui. En effet, vaut-il la peine d’exaucer une demande que celui qui la formule oublie dès le lendemain ? On ne peut demander ainsi que des bagatelles ; quant aux demandes importantes, celui pour qui elles sont réellement importantes est prêt à les répéter encore et encore, confirmant le sérieux de ses intentions.
Il est question du même sérieux dans la seconde partie du passage d’aujourd’hui. Et il ne s’agit pas seulement du fait que l’idée même de pouvoir chasser les démons par la puissance de leur chef était absurde (v. 17–18, 21–22). Il s’agit aussi du fait que, pour ceux qui discutaient, tout ce que faisait Jésus était une sorte de jeu, quelque chose qui rappelait de loin leurs propres débats, lesquels étaient sans doute très captivants, mais au fond n’engageaient à rien. De là vient l’exigence d’un signe, qui deviendrait la preuve que Jésus avait raison (v. 14–16).
La preuve devait être théologiquement correcte, elle devait correspondre aux représentations « justes » de l’école rabbinique « juste », afin d’être acceptée. Et tant qu’une telle preuve n’était pas présentée, tout convenait pour expliquer ce qui se passait, y compris des affirmations absurdes au sujet du « prince des démons ». Mais Jésus Lui-même n’avait pas l’intention de jouer à ces jeux, car pour Lui tout ce qu’Il faisait était absolument sérieux. Et Il essaie d’expliquer à Ses interlocuteurs tout le sérieux de ce qui se passe (v. 24–26). Les jeux sont finis ; il est question de la vie spirituelle et de la mort spirituelle de l’homme.
Mais les disputeurs professionnels, semble-t-il, n’en ont cure. Ce qui leur importe, c’est de vérifier si Jésus saura les vaincre dans la discussion ou non. Et, dans leurs disputes, ils perdent le Royaume sans s’en apercevoir. Car le Royaume n’est pas un jeu, il est sérieux. Et pour toujours.
