RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Gn 48:1-22

La lecture d'aujourd'hui nous raconte la bénédiction, par Jacob mourant, des enfants de Joseph nés en Égypte. Dans le contexte des relations traditionnelles de clan et de tribu, ce moment était très important: il signifiait le fait que les enfants de Joseph étaient acceptés comme membres du clan. D'ordinaire, une telle bénédiction était donnée peu après la naissance, mais dans le cas des enfants de Joseph cela s'avéra naturellement impossible, et ils ne reçurent que maintenant la bénédiction de Jacob comme fondateur du clan.

Mais au cours de ce rituel tout à fait traditionnel se produisit quelque chose qui sortait du cadre de la tradition. D'ordinaire, le premier à recevoir la bénédiction était le fils aîné, considéré comme l'héritier dans son clan (et s'il s'agissait, par exemple, des enfants d'un chef de tribu, c'était précisément l'aîné qui, selon la coutume, héritait du pouvoir après la mort du chef). Si deux enfants s'approchaient ensemble pour la bénédiction, celui qui bénissait posait habituellement sa main droite sur la tête du plus âgé, et la gauche sur la tête du plus jeune.

Or, dans le récit biblique, tout se passa exactement à l'inverse: de la main droite, Jacob bénit non pas l'aîné, mais le plus jeune fils de Joseph (v. 13–14). Joseph essaya bien d'indiquer l'erreur à son père (v. 17–18), mais il s'avéra que ce n'était nullement une erreur et que Jacob avait délibérément béni le plus jeune de cette bénédiction particulière qui était traditionnellement donnée à l'aîné des enfants (v. 19–20).

Une telle violation de la tradition de primogéniture se rencontre à plusieurs reprises dans la Bible, et dans toutes les situations de ce genre elle se révèle être une action charismatique, accomplie sur une indication particulière de Dieu. Ce n'est pas étonnant: en effet, dans une société où la cérémonie et le rite imprègnent toute la vie, privée comme publique, le respect du rite et de la tradition n'est pas seulement présupposé, mais entre si profondément dans la chair et le sang de chacun qu'une violation accidentelle du rite devient dans une telle société presque impossible.

Et si cela se produit malgré tout, la cause peut en être précisément l'intervention directe de Dieu, par laquelle Il veut désigner son élu. Ainsi, parfois, la violation de l'ordre et de la coutume établis par les hommes devient un instrument entre les mains de Dieu et le signe de son intervention.