RÉFLEXIONS pour Gn 47:1-31
Le passage d'aujourd'hui est consacré à la description de la manière dont Jacob s'installa en Égypte, où il acheva ses jours (v. 27–31). Pendant ce temps, Joseph réalise son plan de rachat des domaines contre les dettes, renforçant ainsi l'État égyptien (v. 14–26). Il est occupé par les affaires urgentes de son service, qu'il accomplit manifestement avec une parfaite conscience; cependant son père, se souvenant que ses compatriotes en Égypte ne sont que des étrangers, fait prêter serment à Joseph de ne pas laisser ses restes dans une terre étrangère quand viendra le temps de la quitter (v. 29–31).
Joseph savait-il que ses descendants devraient quitter le pays pour lequel il avait tant fait? Sans doute le savait-il, s'il prenait au sérieux le serment donné à son père; autrement, manifestement, il ne pouvait en être ainsi. Que devait donc penser Joseph de son propre rôle dans l'affermissement de l'État égyptien? Il ne pouvait évidemment pas ne pas comprendre que ce qu'il avait fait ne lui servirait pas à lui. Le paradoxe de la situation tenait au fait que précisément ce renforcement de l'État égyptien jouerait en son temps un rôle fatal dans le destin des descendants de Jacob et rendrait la sortie d'Égypte inévitable du point de vue de la simple survie physique. La menace de mourir de faim força Jacob à s'installer en Égypte; la menace d'une assimilation complète ou d'une extermination forcera plus tard ses descendants à quitter l'Égypte. On pourrait appeler ce retournement des événements une mauvaise plaisanterie du destin, si la providence de Dieu ne se tenait pas derrière lui. En sauvant son peuple de la mort physique, Dieu le transféra en Égypte; en sauvant son peuple de la mort spirituelle, Il l'en fit sortir.
Jacob savait qu'il en serait ainsi; il est difficile de croire que Joseph ne le savait pas. Et, bien sûr, tous deux savaient qu'aucun des deux ne vivrait jusqu'à ces temps-là. Et pourtant ils vivaient et agissaient comme si cela n'avait aucune importance. Oui, sans doute en était-il ainsi: car si les relations avec Dieu se trouvent au centre de la vie d'un homme, alors tout ce que fait l'homme devient une partie non seulement de l'histoire qui passe, mais aussi de l'éternité, où il n'y a ni passé ni avenir, mais seulement le présent impérissable.
