RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Lc 15:11-32

Il est tout de même bon d'être le fils prodigue revenu vers son père. Tout le monde se réjouit pour toi, sauf, il est vrai, le frère aîné, et le père organise en l'honneur de ton retour un festin de fête que, dans d'autres circonstances, tu n'aurais jamais vu. Or ce frère aîné n'est pas mécontent par hasard et se plaint: un tel réjouissement ne lui est jamais échu dans toute sa vie, alors qu'il a toujours été fidèle à son père et attaché à la maison.

Mais au fond, pourquoi en est-il ainsi? Pourquoi ne pas donner au fils aîné l'occasion de se réjouir? Regrette-t-on le veau? C'est difficile à croire. C'est simplement que le temps est tel, on pourrait dire un temps de guerre. Car il est question de notre temps, du temps où le Royaume ne fait encore qu'entrer dans le monde, tandis que la fête est encore à venir, cette vraie fête où le Royaume se révélera dans toute sa plénitude. Cette plénitude-là sera sans doute la fête des fêtes, et la célébration sera pour le monde entier. Mais pour l'instant, il est trop tôt.

Il en va autrement du fils cadet: lui «était perdu et il est retrouvé»; ici, la joie ne porte pas sur le triomphe du Royaume, mais sur le salut d'une âme concrète. Et un tel salut vaut le triomphe du Royaume. Ne serait-ce que parce que chaque âme sauvée rapproche ce triomphe. Mais là encore, tous ceux de la maison peuvent y participer. Il suffit d'en avoir le désir. Et si tu n'es pas le personnage principal de la fête, dans le Royaume cela n'a pas tant d'importance.