RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Быт 48:1-22

Avec la bénédiction des enfants de Joseph, il se produit la même chose qu’autrefois avec la bénédiction de Jacob lui-même et de son frère Ésaü : Jacob aussi avait reçu une bénédiction qui n’était « pas la sienne ». Il est vrai qu’il l’avait obtenue lui-même et, de plus, par tromperie, tandis qu’ici il n’est nullement question de tromperie ; mais le fond ne change pas : la première place revient non à celui à qui elle aurait dû appartenir selon la coutume et les traditions établies. Dieu transgresse assez souvent les traditions installées et les coutumes humaines, peut-être aussi pour que les hommes ne considèrent pas l’une et l’autre comme quelque chose d’inébranlable et venant directement de Lui.

Ici, au passage, apparaît aussi clairement combien la conception de la bénédiction a changé chez Jacob par rapport à son père Isaac. Chez Isaac, elle est encore tout à fait traditionnelle, liée aux représentations traditionnelles d’une force que l’on peut prendre ou donner, mais une seule fois : car ce qui est donné ne peut plus être repris. Pour Isaac, cette force est liée au Dieu d’Abraham, c’est Lui qui en est la source ; mais pour le reste, la bénédiction, telle qu’Isaac la comprend, ne diffère pratiquement en rien d’une conception païenne. Même s’il s’était trompé, même si Dieu n’avait pas voulu qu’il donne sa force à Jacob au lieu d’Ésaü, et Isaac pouvait parfaitement le penser en découvrant son erreur, il n’y avait rien à faire : ce qui était donné était donné. Pour Jacob lui-même, en revanche, la bénédiction est devenue avant tout une action de Dieu, et il ne se regarde lui-même que comme un instrument entre Ses mains. Il n’est que le porteur de la force de Dieu, nullement son maître, et il ne la transmet qu’à celui que Dieu désigne.

Personne d’autre ne pourra simplement la recevoir, car en fin de compte Dieu en demeure le maître, et l’homme ne peut être ici qu’un intendant, libre d’en disposer dans la mesure où ses décisions ne sortent pas du cadre du plan de Dieu, de Ses intentions et de Sa volonté. C’est pourquoi deviennent désormais impossibles des conflits comme celui qui eut lieu lorsque Jacob reçut la bénédiction par tromperie. Rien d’étonnant à cela : Jacob est réellement devenu non seulement le chef de sa tribu, mais aussi le chef du peuple de Dieu. Dieu a fait de Jacob celui qu’Il voulait voir en lui.