RÉFLEXIONS pour Лк 11:29-32
En condamnant la «génération mauvaise» (race mauvaise dans la traduction synodale), le Seigneur parle du signe du prophète Jonas. Dans le récit de l'évangéliste Matthieu, le séjour de trois jours de Jonas dans le ventre du grand poisson est le signe de la Résurrection du Christ le troisième jour. L'évangéliste Luc, dans la lecture d'aujourd'hui, souligne un tout autre aspect des paroles du Christ. Selon Luc, le signe du prophète Jonas est la repentance des habitants de Ninive à la suite de la prédication du prophète. Rappelons-nous: le livre du prophète Jonas contient une parabole sur la manière dont le prophète, malgré son refus, vient prêcher la repentance à Ninive, capitale d'un empire militaro-fasciste fort peu attirant. Le miracle consiste en ceci: la parole de Jonas sur la vérité de Dieu, sur la grâce et la miséricorde contre lesquelles pèchent les cruels conquérants, les Ninivites, cette parole se trouve entendue.
Dans le récit de l'évangéliste Luc, le Seigneur souligne que les Ninivites se lèveront au jugement avec cette génération, parce qu'ils ont pu entendre la parole d'un homme faible comme annonce de la vérité de Dieu. Les contemporains du Christ, et nous tous qui lisons l'Évangile, entendons Sa parole, dite avec autorité, et nous ne reconnaissons pas la voix de Dieu. C'est précisément cette reconnaissance que le Seigneur appelle, dans l'Évangile selon Luc, le signe du prophète Jonas. Au fond, l'évangéliste Jean parle à maintes reprises de cette même reconnaissance, surtout lorsqu'il rapporte au chapitre 10 les paroles du Christ disant que «les brebis Le suivent, parce qu'elles connaissent Sa voix». Ainsi, l'essence du signe consiste pour nous à entendre la parole du Christ et la parole de l'Évangile à Son sujet, et à y reconnaître cette vérité qui seule est en accord avec l'image de Dieu déposée en nous.
