RÉFLEXIONS pour Gn 15:1-15
Quelle étrange théophanie, à première vue: horreur et ténèbres! Que devait penser Abraham après avoir vécu une telle révélation? Comment devait-il se représenter son Dieu? Et Dieu, pourtant, répète toutes les promesses déjà données à Abraham, en les concrétisant encore davantage. Que se passe-t-il donc? Pourquoi la première rencontre d'Abraham avec Dieu décrite en détail s'est-elle révélée si étrange?
Si les ténèbres et l'horreur avaient été le sens de la révélation reçue par Abraham, nous aurions toutes les raisons de poser des questions perplexes. Un Dieu qui veut effrayer n'est manifestement pas le Dieu d'amour. Mais le veut-Il? Ou cela s'est-il produit de soi-même? Que pouvait et devait voir et vivre Abraham en rencontrant Dieu face à face? Que peut voir et vivre l'homme, en général, dans un tel cas?
Voir, bien sûr, il ne verra sans doute rien du tout: il est question de l'Unique, du Créateur du ciel et de la terre, que l'homme ne peut pas voir par définition. Alors, devant les yeux de celui qui voit, il y aura très probablement une obscurité impénétrable, comme toujours lorsque nous nous trouvons devant quelque chose qui nous est totalement imperceptible. Il n'est pas étonnant qu'en rencontrant Dieu face à face, Abraham n'ait vu qu'une «grande ténèbre» (ainsi dans le texte hébreu), ou plus exactement n'ait rien vu. Il n'est pas étonnant non plus que, devant cette ténèbre, Abraham éprouve de l'effroi: c'est l'effroi de l'homme fini devant le Dieu infini, qui n'a encore rien fait pour abaisser Sa grandeur par amour pour l'homme.
On le voit, lors de la première rencontre face à face, Dieu s'est présenté à Abraham tel qu'Il est. Et Abraham a réagi en conséquence. Mais ce n'était que le commencement. Le commencement de l'histoire du mouvement de Dieu vers l'homme, qui, en son temps, s'achèvera par le pas décisif que sera l'Incarnation divine. Jusqu'à la pleine indivision.
