RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 1S 8:7

L'attitude de Samuel envers l'idée de choisir un roi et d'établir un pouvoir séculier n'est pas simplement sceptique, mais franchement négative. Et Dieu confirme sa position, disant à son serviteur qu'en voulant se choisir un roi, son peuple ne rejette pas tant Samuel que lui, son Dieu.

Qu'est-ce donc : la providence de Dieu ou l'idéologie des chefs du premier mouvement prophétique ? Les deux. Aujourd'hui, aucun spécialiste de la Bible ne doute que les chefs spirituels des communautés prophétiques à l'époque des premiers rois avaient une attitude très négative envers l'État séculier, le considérant comme une invention païenne, impropre et inutile au peuple de Dieu. Leur idéal était la théocratie : l'autorité d'un chef charismatique guidé par Dieu. De tels chefs, qu'on appelait alors « juges », étaient d'ordinaire étroitement liés au milieu prophétique.

Mais il ne s'agit pas seulement de la position de Samuel ou de celle d'autres premiers chefs prophétiques. La Bible, en général, traite le pouvoir séculier avec beaucoup de prudence. Et le point est que, du point de vue des auteurs de tous les livres bibliques, ou presque, un bon pouvoir dans le monde déchu ne peut exister par définition ; il ne peut être que mauvais ou très mauvais.

Le problème, cependant, est que la théocratie aussi a tendance à dégénérer soit en anarchie, soit en hiérocratie, lorsque les chefs de telle ou telle communauté religieuse prennent la place d'un chef charismatique, dont certains agissaient réellement par la volonté de Dieu, et font passer leur intérêt personnel ou corporatif pour la volonté de Dieu. Alors le pouvoir séculier déchu dans le monde déchu s'avère être le moindre de deux maux. Il commet, bien sûr, beaucoup de mal, et peut en commettre infiniment s'il n'est pas limité. Mais au moins il ne prétend pas le commettre au nom de Dieu.