RÉFLEXIONS pour Mt 6:14-21
Le dimanche du pardon est l'un des jours les plus remarquables de l'année liturgique. Et l'on se souvient de l'ancienne coutume de répondre à une demande de pardon: Dieu pardonnera. À l'homme moderne, ces paroles heurtent l'oreille. Tel est peut-être le destin de la langue. Mais il semble que nos ancêtres n'avaient pas moins de spiritualité que nous, c'est pourquoi réfléchissons-y encore une fois.
Nous n'apprécions pas ces paroles, sans doute parce que nous traitons trop facilement le pardon de Dieu, comme si c'était quelque chose qui allait de soi par Sa grande miséricorde. L'homme, paraît-il, oui, peut pardonner ou ne pas pardonner; c'est pourquoi, en réponse à une demande de pardon, nous voulons entendre non pas «Dieu pardonnera», mais «je te pardonne». Et c'est précisément ici que nous devons nous souvenir des paroles de la lecture évangélique d'aujourd'hui: si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. Autrement dit, la situation se retourne en quelque sorte contre toi-même (et il devrait toujours en être ainsi dans la vie!)
Mais que savons-nous du pardon? Parfois, quelqu'un se guide d'après l'expression courante: je pardonne à tous ceux à qui je dois. Mais, sérieusement, le premier véritable maître du pardon est bien sûr Joseph, qui pardonna à ses frères. Apprenons auprès des grands maîtres.
Et je voudrais encore dire une chose. Ce n'est absolument pas par hasard que les paroles sur le pardon sont associées ici, dans le texte, aux paroles sur l'ascèse. Ces deux aspects de la vie ont un lien très profond, que l'on peut représenter ainsi: jeûne — humilité (au sens biblique, et non au sens ordinaire) — répression de l'orgueil — pardon.
