RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Gn 12:4

Que pourrait nous dire un historien sur la migration d'Abraham ? Il pourrait nous dire qu'à l'époque des Patriarches de nombreuses tribus sémitiques migraient vers l'ouest, s'installant dans la vaste steppe sèche qui s'étendait des frontières occidentales de la Mésopotamie jusqu'à la côte orientale de la mer Méditerranée. Qu'Abraham n'était certainement pas le premier chef à conduire ses compagnons de tribu en Palestine. Que, dans l'Antiquité, beaucoup de gens entendaient les voix de dieux et d'esprits, et pas si rarement, et qu'ils écoutaient ces voix. Que, bien sûr, lorsqu'un homme a déjà dépassé les soixante-dix ans, commencer une nouvelle vie et se mettre en route pour un voyage pas très long mais très dangereux était tout de même assez tardif ; on ne pouvait se décider à une telle chose que dans des circonstances particulières.

Mais aucun historien ne nous dira l'essentiel, car les sources historiques se taisent sur cet essentiel. Cela n'a rien d'étonnant : l'essentiel est caché au plus profond du coeur d'Abraham, qui, entendant la voix d'un Dieu encore inconnu de lui, crut et alla là où ce Dieu inconnu l'appelait. Il alla en comprenant pleinement que personne ne lui garantissait rien : il lui fallait encore mieux connaître Celui qui l'avait appelé pour comprendre à qui il avait affaire. Et ici tout dépendait seulement du choix d'Abraham lui-même. Dieu ne le contraint à rien ; il l'appelle seulement à le suivre. Abraham aurait-il pu dire « non » à Dieu ? Bien sûr qu'il le pouvait, car l'homme est libre. Mais alors, en disant « le peuple de Dieu », nous penserions à un autre peuple, avec une autre histoire.