RÉFLEXIONS pour Gn 2:20-25
Une situation intéressante se dessine avec les noms (ou les appellations ? le mot hébreu correspondant permet les deux traductions) que l'homme donne aux animaux qui l'entourent au cours de la recherche d'une aide « qui lui corresponde ». La définition elle-même est significative : l'expression hébraïque correspondante signifie littéralement « une aide se tenant face à face », comme un égal, comme un interlocuteur avec qui l'on peut communiquer. Il n'est pas étonnant que, dans le monde animal, personne d'égal à l'homme ne se trouve.
Mais c'est justement ici que l'homme fait largement usage de sa capacité à donner des noms. Il n'y a là rien d'étonnant : donner un nom ou nommer une chose signifiait avant tout déterminer sa place dans le monde humain, et aussi étendre sur elle le pouvoir que le maître possède sur ce qui lui appartient. Mais aucun de ceux avec qui l'homme établit de telles relations ne peut naturellement devenir pour lui l'aide qu'il cherche : il faut ici des relations d'égaux, dans lesquelles les questions de savoir qui est le maître et qui appartient à qui perdent automatiquement leur sens.
Or à celle en qui l'homme voit son égale, la femme que Dieu lui a donnée pour épouse, l'homme ne donne aucun nom. Même le mot « femme, épouse » vient de la même racine que « homme » ou « mâle » : les deux reçoivent un même nom, qui les unit. Ainsi l'homme trouve un autre être humain, une aide « se tenant en face ». Celle envers qui il se rapportera non comme à une chose, non comme à un objet, même animé, mais comme à son prochain. Sans cela, l'homme ne devient pas homme.
