RÉFLEXIONS pour 1Jn 3:11-20
La langue de la première épître catholique de l'apôtre et évangéliste Jean est si proche de celle de son Évangile que la question de l'auteur paraît tout à fait oiseuse. Il est d'autant plus intéressant de voir comment le disciple bien-aimé utilise les expressions du Maître. Dans l'Évangile, le Seigneur dit : « celui qui croit en Celui qui m'a envoyé a la vie éternelle, et il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jn 5,24). Dans le passage d'aujourd'hui de l'épître, nous lisons : « nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie ». Nous avons pleinement le droit de penser que, par cette expression grecque, dans les deux cas, l'apôtre transmet avec exactitude les paroles du Christ qui lui étaient restées en mémoire. Pourquoi donc, comme le dit l'apôtre, savons-nous que nous sommes passés de la mort à la vie ? Parce que nous aimons les frères.
À vrai dire, ces paroles ont quelque chose de choquant. Les péripéties de l'histoire nous portent à penser que la certitude de ce passage de la mort à la vie accompli tient à d'autres choses. Comme tout est simple chez l'apôtre : nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons les frères. C'en est presque vexant, parce que c'est précisément cela que, d'ordinaire, nous ne savons pas faire... Mais en même temps, lire ces paroles donne une grande joie, parce que le christianisme se révèle être une foi beaucoup plus vivante qu'on ne pourrait le penser en nous regardant nous-mêmes.
