RÉFLEXIONS pour Dt 30:1-20
La Torah proposée au peuple, à en juger par les paroles de Moïse, n'est pas simplement une loi ou un code moral, même donné par Dieu. Il s'agit d'un chemin. Plus précisément, de deux chemins : le chemin de la vie et le chemin de la mort. Le lien de chaque chemin avec la bénédiction ou la malédiction n'est pas non plus fortuit. Car la bénédiction, dans le sens originel du mot, suppose le don par Dieu à l'homme d'une force, pas nécessairement une force particulière, surnaturelle : il peut s'agir de la force nécessaire à la vie la plus ordinaire dans ce monde.
Dès le commencement, Dieu avait conçu l'homme pour vivre dans une communion constante avec Lui, et non séparé de son Créateur. Cette communion constante supposait aussi que l'homme ne disposait pas de la ressource énergétique autonome que possèdent tous les animaux : selon le dessein de Dieu, l'homme pouvait recevoir directement de Dieu tout le nécessaire, et le recevoir en abondance. Il n'avait pas besoin de faire des réserves d'énergie ; il suffisait de laisser en lui de l'espace à ce « souffle de vie » que chacun reçoit au moment de sa naissance. Avant la chute, il en était ainsi ; mais après, les problèmes ont commencé. L'homme est devenu trop semblable à l'animal pour vivre du « souffle de vie » de Dieu et y puiser directement toute l'énergie nécessaire. La nature de l'homme a changé après la chute, mais pour l'homme cet état, à la différence des animaux, s'est révélé contre nature et a entraîné de nombreux problèmes.
La bénédiction de Dieu ramène donc l'homme à la norme depuis longtemps perdue, dans la mesure où l'homme peut et est prêt à la recevoir. La Torah devient alors le chemin sur lequel l'homme s'engage en recevant la bénédiction de Dieu. Ce chemin le mène vers la terre promise par Dieu, mais il se révèle aussi un chemin intérieur, conduisant l'homme en profondeur, là où il peut rencontrer Dieu en prenant conscience de Sa présence dans son propre coeur. Ce chemin n'est pas simple, mais il est accessible à chacun : le commandement n'est ni au-delà de la mer ni dans les cieux, il est « dans la bouche et dans le coeur ». On peut bien sûr refuser le chemin, mais alors l'alternative à la vie devient la mort. Perte de force et perte de Dieu, donc aussi de la terre donnée par Dieu, qui ne peut appartenir au peuple que tant qu'il demeure lui-même pleinement le peuple de Dieu.
