RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 12:28-37

En parlant des deux commandements que le Seigneur nous a donnés dans la lecture d’aujourd’hui, on voudrait attirer l’attention sur les paroles du Christ concernant leur ressemblance. Au début, elles paraissent compréhensibles: en effet, dans les deux cas, il est question d’amour. Mais réfléchissons-y encore. L’amour de Dieu et l’amour de l’homme, comme ce sont des réalités différentes! Nous exprimons l’amour de Dieu dans la prière. L’amour de l’homme, dans le travail. Tout laïc (au sens de non-moine) qui vit une vie de prière sait bien que la prière prend du temps au travail, et le travail à la prière (surtout s’il s’agit d’un travail intellectuel). Cela signifie donc que ce sont deux principes différents, opposés l’un à l’autre. Pourquoi alors le Seigneur parle-t-Il de ressemblance, que met-Il dans ces paroles?

Si l’on regarde de ce côté, ces paroles cessent d’être une simple constatation du fait que, dans les deux cas, il est question d’amour. En général, nous devons toujours être extrêmement prudents lorsque quelque chose dans la parole de Dieu nous paraît simple. C’est très certainement une simplicité apparente, liée au fait que nous n’avons pas pénétré le texte assez profondément. Le Seigneur avait peu de temps, et Il le comprenait; Il ne pouvait donc pas le perdre pour des évidences. Quel est donc le sens ici?

Peut-être y affirme-t-on l’idéal d’une ressemblance allant jusqu’à l’indistinction entre le travail et la prière. C’est précisément vers cela que nous devons tendre: que la prière soit pour nous un travail, un travail pénible, et que le travail soit pour nous prière. Mais, bien sûr, cela ne signifie en aucun cas, comme on l’entend souvent de la part de personnes séculières, non ecclésiales, mais habituées à travailler beaucoup et intensément, que le travail est la prière, mot par lequel elles tentent de se justifier devant le Très-Haut, vaguement pressenti par leur âme qui n’a pas appris à aimer Dieu.

C’est précisément lorsque nous vivons dans la tension entre ces deux pôles, le travail et la prière, non confondus mais aussi non séparés, tellement inséparables qu’ils manifestent une unité, que nous accomplissons le commandement de Dieu.