RÉFLEXIONS pour Dt 20:1-20 — le 23 janvier 2026

RÉFLEXIONS pour Dt 20:1-20

En ce qui concerne la guerre et la conduite des opérations militaires, le Livre du Deutéronome prescrit retenue et mesure. La guerre est la guerre, mais même pendant la guerre il ne vaut pas la peine de combattre les civils ni de détruire tout ce qui tombe sous la main. Il vaut mieux éviter la guerre, en général, s'il est possible de régler l'affaire par la paix: il ne vaut pas la peine de faire la guerre à ceux qui sont prêts à se rendre; il suffit de faire de ces gens ses vassaux et de leur permettre de vivre comme ils vivaient avant la guerre.

Sur le fond traditionnel de cette époque, où les guerres étaient souvent menées avec une cruauté extrême, une telle mesure devait se distinguer favorablement. La seule exception était la terre promise par Dieu à Son peuple: là, il ne devait pas y avoir de païens. Pour faire la guerre ainsi, il fallait être prêt à la guerre, non seulement physiquement, mais aussi psychologiquement et spirituellement. Ce n'est pas par hasard que le Livre du Deutéronome prescrit de s'abstenir de participer à la guerre à ceux qui viennent de se marier, ou de construire une maison neuve, ou de planter une nouvelle vigne.

À première vue, une telle approche réduit les effectifs de l'armée, mais en réalité elle ne fait que la renforcer. Un homme privé de tout ce qui donnait sens à sa vie, comprenant qu'après la guerre il n'aura peut-être nulle part ni personne vers qui revenir, ne sera guère un bon soldat. Sa réaction peut être soit l'indifférence à tout, et alors il est probable qu'il ne survivra pas jusqu'à la fin de la guerre, soit l'amertume, et alors il survivra peut-être, mais il pourra difficilement se réadapter à la vie paisible. Pour devenir un bon soldat, l'homme qui part à la guerre doit accepter la séparation d'avec tout ce qui lui est cher comme son choix conscient; la séparation ne sera pas simple même dans ce cas, mais elle ne détruira pas alors l'homme intérieurement. Si l'on arrache de force un homme à tout ce qui lui est cher et dont il vit, la destruction intérieure est inévitable. Tout comme est inévitable la destruction intérieure de ceux qui sont craintifs et tendres («peureux et faibles», comme le rend la traduction synodale). Pour ne pas se briser à la guerre, ne pas craquer, ne pas devenir amer, il faut un noyau intérieur très solide, spirituel et psychologique. S'il n'existe pas, mieux vaut ne pas aller à la guerre.

Ici, peu importe déjà que l'homme prenne peur et fuie le champ de bataille ou qu'il devienne amer et se transforme en meurtrier impitoyable: dans les deux cas, mieux vaut dès le début, après avoir sobrement évalué ses propres forces, rester honnêtement à l'arrière. La Torah ne considère pas ces gens comme des lâches: il s'agit de choses objectives, de ce dont l'homme est capable, de ce pour quoi il aura ou n'aura pas assez de forces. Être faible n'est pas un péché, et avoir peur non plus. Le péché commence là où un homme faible ou craintif assume la responsabilité de ce dont il est incapable. C'est précisément contre un tel comportement que la Torah met en garde ceux qui se préparent à la guerre.