RÉFLEXIONS pour Gn 19:1-38 — le 22 janvier 2026

RÉFLEXIONS pour Gn 19:1-38

Le récit de la visite angélique à Sodome devient une parabole: une parabole sur Lot à Sodome. Et une parabole sur Sodome elle-même aussi. Déjà auparavant, lors de la conversation des anges avec Abraham, il avait été question du nombre de justes nécessaires pour sauver la ville. La conversation s'interrompit lorsque le nombre arriva à dix. Pourquoi cela? Parce que dix personnes, selon les règles religieuses du judaïsme, constituent le minimum nécessaire pour une communauté. Dix Juifs mâles majeurs, ayant passé le rite de la bar-mitsva, rassemblés ensemble, forment une communauté complète qui peut accomplir tout rite religieux, à l'exception, bien sûr, de ceux où la participation d'un prêtre lévitique est requise. À l'époque où fut écrit le Livre de la Genèse tel que nous le connaissons aujourd'hui, cette règle existait déjà. Par là, l'auteur du Pentateuque nous dit ceci: pour sauver la ville, un seul juste, ni même quelques justes, ne suffisent; il faut une communauté qui puisse agir dans cette ville comme un tout spirituel unique, et alors il est possible que, pour Sa communauté, Dieu préserve aussi la ville elle-même et ne la laisse pas périr.

Or à Sodome, justement, il ne se trouva aucune communauté. Il n'y eut que Lot avec sa famille, mais une seule famille ne suffit pas à renverser la situation. Lot, très probablement, ne comprit pas tout de suite qui il avait accueilli chez lui; mais dès le début, il se conduisit en juste, prêt à défendre ses hôtes devant Dieu et devant les hommes jusqu'au bout, en usant de toutes les possibilités. Il ne se trouva pas d'autres justes dans la ville.

Dans une telle situation, il fut plus simple de faire sortir Lot et sa famille de la ville, en leur donnant à tous la possibilité d'être sauvés. Il y avait toutefois une condition: partir immédiatement, s'en aller vite et sans se retourner, non pas parce que Dieu n'aurait pas pu attendre une heure de plus, mais parce que, lorsqu'il s'agit d'une ville qui périt de son péché, il faut partir aussitôt, sans essayer d'emporter quoi que ce soit avec soi, même intérieurement; sinon on risque d'emporter avec soi ce que l'on quitte.

La situation est dure, mais cela n'a rien d'étonnant: car Lot, dès le début, était allé à Sodome non pas à la suite de Dieu, mais à la recherche d'une vie confortable. Oui, il avait conservé les habitudes d'une vie juste, mais c'est précisément pour cela qu'il dut se séparer vite et de façon inattendue de cette vie confortable qu'il avait lui-même choisie. En revanche, cette séparation rapide et inattendue le sauva de la mort dans la ville condamnée. Tel était le choix que Lot devait faire, et le faire vite. Lot fit son choix, et il resta vivant.