RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 11:23-26

Quel lien y a-t-il donc entre la foi et le pardon? Et les incroyants ne savent-ils vraiment pas du tout pardonner? Bien sûr, si l'on entend par foi ce que l'on entend le plus souvent par là, à savoir la religiosité et tout ce qui s'y rattache, les questions posées peuvent paraître, pour le moins, étranges. Mais si l'on y voit ce qu'y voyaient la plupart des auteurs des livres bibliques, à savoir la fidélité, beaucoup de choses deviennent aussitôt plus compréhensibles. Il importe alors de garder à l'esprit que la fidélité, dans ce cas, à en juger par le contexte, s'étend non seulement aux relations avec Dieu, mais aussi aux relations avec le prochain; en tout cas, Jésus ne dit nulle part qu'Il n'a en vue que la fidélité à Dieu ou à Lui-même, comme Messie ou comme Maître. Et cela n'a rien d'étonnant: la fidélité est une chose indivisible; ou bien elle existe, et alors elle traverse toutes les relations, qu'il s'agisse des relations avec Dieu, avec le Christ ou avec le prochain, ou bien elle n'existe pas, et alors elle n'existe nulle part ni en rien. De plus, la fidélité est inconditionnelle: car elle repose sur cette intégrité spirituelle qui, pour la vie dans le Royaume (et c'est précisément à elle que Jésus appelle les fidèles), doit être absolue.

Ce n'est qu'ainsi que l'on peut pardonner: car le pardon n'est pas une indulgence envers le péché de son prochain, qui pousse souvent à fermer les yeux sur l'évidence (si, bien sûr, elle ne concerne pas directement celui qui ferme les yeux), mais la capacité de voir dans le prochain cette image de Dieu qui donne même au plus grand pécheur l'espérance du salut, conservée jusqu'au jour du Jugement. C'est à cela que nous appelle le Sauveur: vivre de la vie du Royaume et regarder le prochain avec les yeux d'un habitant du Royaume. Et pardonner les péchés au prochain jusqu'à ce que Dieu accomplisse Son jugement.