RÉFLEXIONS pour Mt 3:13-17
Juste avant le Baptême, en réponse à la tentative de Jean de Le retenir, Jésus prononce ces paroles mystérieuses: «Laisse faire maintenant, car c'est ainsi que nous devons manifester la justice dans toute sa plénitude» (la traduction synodale propose la variante: «c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice»). Quand il s'agit d'un homme ordinaire, le lien entre le bain purificateur («baptême») et la justice est évident: selon les représentations juives traditionnelles du temps des évangiles, c'est précisément le rite purificateur qui délivre le pécheur des conséquences du péché qu'il a commis, bien sûr seulement si ce rite s'accompagne du repentir. Mais Jésus n'avait rien dont Se repentir ni rien dont Se purifier; Sa justice a toujours été pleine et parfaite.
Il ne pouvait évidemment s'agir que de faire en sorte que cette justice, jusque-là cachée au monde, lui soit désormais manifestée. Et une telle manifestation pouvait et devait être liée précisément à ce à quoi Jean appelait le peuple, c'est-à-dire à la conversion. En effet, la conversion ne suppose pas seulement le repentir des péchés commis par celui qui se convertit; le repentir n'est pas ici le but, mais seulement le moyen. Le but est l'établissement de relations avec Dieu, sans lesquelles il ne peut être question d'aucune justice.
La conversion de Jésus fut donc moins l'établissement de telles relations (Il les avait depuis le commencement) que leur démonstration, le témoignage de ce qu'elles doivent être et de ce qu'elles peuvent donner à celui qui se convertit. Alors, à tous ceux qui furent témoins de ce qui se passait, s'ouvrit le Royaume que Jésus a apporté au monde: car la plénitude des relations entre Dieu et l'homme, c'est précisément ce Royaume. Le Royaume rendu accessible à chacun grâce au service et au sacrifice d'Un seul.
