RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Dt 16:1-22

Le Deutéronome reprend les lois sur les principales fêtes religieuses yahvistes que nous trouvons dans l'Exode, le Lévitique et les Nombres. Il établit trois fêtes obligatoires, ce minimum nécessaire de participation à la vie religieuse qui permet encore de considérer un homme comme yahviste. Ici, bien sûr, toute une série de questions se pose. La première et principale revient à se demander dans quelle mesure il est possible de limiter la vie spirituelle d'un homme à trois fêtes religieuses, c'est-à-dire à trois semaines par an. Il est tout à fait évident que, pour une vie spirituelle tant soit peu normale et pleine, cela ne suffit pas.

Pourquoi donc le Deutéronome prescrit-il un tel minimum ? Parce qu'il vise manifestement d'abord la composante religieuse de la vie spirituelle. Le Deutéronome est en général l'un des textes de l'Ancien Testament les plus saturés de religion ; il est pénétré de cette religiosité propre à l'époque de sa rédaction, pénétré comme aucun autre livre de l'Ancien Testament. Or la religiosité, par sa nature même, devient inévitablement formelle. Il doit nécessairement y exister des critères extérieurs bien déterminés permettant de juger dans quelle mesure le comportement d'un homme correspond à la norme religieuse de la communauté à laquelle il appartient, et dans quelle mesure on peut parler de l'appartenance de cet homme à la communauté correspondante. La participation aux manifestations religieuses, surtout aux assemblées festives de sa communauté, est l'un des critères principaux. L'homme qui ne vient pas aux assemblées est considéré comme détaché de la communauté ; celui qu'on n'y laisse pas entrer, comme excommunié. En même temps, étant donné que la conscience religieuse, en règle générale, ne distingue pas entre vie religieuse et vie spirituelle, l'excommunication de la communauté est automatiquement perçue par les personnes religieuses comme une excommunication de Dieu, car un homme vraiment, entièrement et conséquemment religieux est habituellement tout à fait convaincu que c'est précisément la communauté qui détermine les relations avec Dieu de ses membres.

Sur un tel fond, les prescriptions du Deutéronome concernant les trois fêtes obligatoires apparaissent plutôt comme un minimum d'exigences religieuses relatives à la participation à la vie religieuse de la communauté yahviste. Ce minimum ne devait repousser personne et, bien sûr, il ne pouvait en rien empêcher ceux qui cherchaient une vie spirituelle plus profonde, ce qui était précisément requis.