RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Dt 11:1-32

En révélant Sa Torah au peuple, Dieu le place devant une situation de choix. Le choix d'un chemin : le chemin de la vie et le chemin de la mort. Il serait cependant plus juste de parler d'un seul chemin, car le chemin de la mort est, au fond, une absence de chemin menant nulle part. Dans le texte, d'ailleurs, il n'est pas question de la vie et de la mort proprement dites, mais de la bénédiction et de la malédiction, et cela dans le sens originel de ces mots. Or, dans son sens originel, la bénédiction signifie que Dieu donne à l'homme une force, et la malédiction qu'Il la lui retire.

À l'origine, il pouvait évidemment être question non seulement de Dieu, mais dans le contexte yahviste du Deutéronome, on peut considérer cette définition comme exhaustive. Le chemin de l'acquisition de la force de Dieu et le chemin de sa perte : voilà les deux chemins entre lesquels le peuple devra choisir. L'étude de la Torah, l'enseignement de la Torah, la Torah sur le front et sur la main, la Torah sur les montants des portes : tout cela est important dans la mesure où cela aide à choisir le bon chemin et à s'y maintenir. La Torah doit entrer dans le coeur, dans l'âme, dans la vie de chaque personne concrète ; alors son chemin peut devenir un chemin de vie.

Bien sûr, il ne s'agit pas ici seulement du texte ; la seule connaissance du texte ne suffit pas. Ce qui importe, c'est la conscience des commandements comme intentions de Dieu, adressées directement à l'homme, comme volonté de Dieu présente dans l'expérience intérieure. Alors les commandements deviendront pour l'homme un impératif spirituel et moral organisant toute sa vie, et la Torah deviendra vivante, sans rester seulement un texte gravé dans la pierre ou écrit sur du papyrus. Alors la terre deviendra réellement promise, celle-là même que Dieu avait promise autrefois à Abraham.

En effet, Dieu n'a jamais promis au peuple un simple espace géographique, un sol, un territoire. Il lui a promis une terre comme cet espace où le peuple pourrait vivre avec Lui. Comme un espace spirituel d'abord, et seulement ensuite comme un territoire, une terre, un espace géographique. Pour entrer dans une telle terre, ou plus exactement pour entrer ainsi dans la terre promise par Dieu, il faut suivre le chemin de la Torah.

Bien sûr, il faut aussi parcourir la terre : il s'agit bien d'une histoire réelle et d'une géographie réelle. Mais le chemin sur la terre doit être parcouru avec ce chemin de la Torah qui ouvre à l'homme l'espace des relations avec Dieu. Et même sur la terre, on ne peut vivre qu'en demeurant dans cet espace ; c'est pourquoi suivre la Torah devient la condition du séjour sur la terre donnée par Dieu. Il n'y a pas d'autre voie. Sinon, l'histoire sainte prendra fin et commencera l'histoire la plus ordinaire, dont il y a eu et dont il y aura beaucoup dans le monde déchu ; et au cours de cette histoire, il peut arriver n'importe quoi à n'importe quel peuple. Même au peuple de Dieu.