RÉFLEXIONS pour Mt 1:1-25
Aujourd'hui, à la liturgie, nous lisons tout le premier chapitre de l'Évangile selon Matthieu, comprenant la généalogie du Christ et le récit de Sa Nativité à Bethléem. Toute la structure de ce chapitre est déterminée par un mouvement particulier du récit, depuis Abraham, l'ancêtre du peuple de Dieu, jusqu'au moment où Joseph donne au Nouveau-né le nom de Jésus. Le jour même de la fête, nous lirons encore une fois le récit de la Nativité tiré de ce chapitre, puis le récit de l'adoration des mages. Mais aujourd'hui il est important pour nous de voir toute cette histoire humaine contenue dans la longue liste de noms d'Abraham à Jésus.
L'évangéliste Matthieu, avec son aspiration caractéristique à systématiser les informations qu'il expose, nous propose un schéma assez conventionnel du mouvement de l'histoire, la divisant en trois périodes de quatorze générations chacune. Il est évident que les nombres qu'il donne ont plutôt un caractère symbolique. Dans le détail, la généalogie chez Matthieu diffère de celle de Luc ; cela tient aux particularités du système juif de parenté et de paternité. Mais ce ne sont pas cela, ni les détails, qui importent à l'évangéliste. Il donne, à proprement parler, la généalogie de Joseph, l'époux de Marie, qui accueille l'Enfant né d'Elle comme le sien et, jusqu'à la fin de sa vie, Le protège et Le sert. Dans une certaine mesure, c'est la vocation de chacun de nous.
En parlant de la Nativité, l'évangéliste Matthieu laisse hors du cadre de son récit l'Annonciation et attire d'abord notre attention sur la foi de Joseph. Ayant cru à l'Ange, il s'élève au-dessus de la faiblesse et des limites humaines et devient participant de l'action salvatrice de Dieu. Et en la personne de Joseph, comme plus tard en la personne des disciples du Christ, toute l'humanité accueille l'Enfant Christ. Parce que la Nativité est la fin de toute l'histoire de l'éloignement de Dieu et de la recherche des chemins du retour, l'histoire de la résistance à Dieu et l'histoire du salut. Toute la solitude humaine, l'impuissance et la mortalité s'achèvent pour nous dans la grotte de Bethléem, où naît Celui qui demeurera avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
