RÉFLEXIONS pour Mc 2:1-12
Dans les Évangiles, les « paralytiques » et leurs guérisons sont souvent mentionnés. Il ne s'agit manifestement pas d'une seule et même maladie, mais de différentes maladies ayant cependant certains symptômes communs. Il s'agit très probablement soit de certaines formes de paralysie, soit de maladies nerveuses à cause desquelles la coordination des mouvements peut être perturbée chez l'homme. En tout cas, à l'époque évangélique, on ne savait pas soigner ces maladies, et de tels malades étaient condamnés à souffrir jusqu'à la fin de leurs jours. La possibilité d'être délivré d'une telle maladie devait sans aucun doute attirer beaucoup de gens vers Jésus, d'autant que les rumeurs se répandaient vite dans les petites villes de Judée et de Galilée. Il n'est pas étonnant qu'Il soit partout accompagné d'une foule de gens, dont un très grand nombre attendent la guérison de leurs maladies.
Il en fut ainsi dans la maison d'une petite ville galiléenne, Capharnaüm, dont parle la lecture d'aujourd'hui : ici aussi, il s'entassa tant de monde que beaucoup ne pouvaient déjà plus non seulement entrer dans la maison, mais même s'approcher de la porte (v. 2). Il n'est pas étonnant que le malade, qui ne pouvait pas marcher à cause de sa maladie, si bien que ses proches durent le porter sur une natte (dans l'Évangile elle est appelée « lit », v. 4), ne parvienne d'aucune manière à se frayer un chemin à travers la foule jusqu'à Jésus. Il restait une seule voie : par le toit plat, qui en Orient sert d'ordinaire de terrasse ouverte (v. 4). Un tel toit était habituellement en terre battue, et y faire une ouverture assez grande pour y descendre la natte avec l'homme qui y était couché n'était pas simple, mais possible.
Mais les paroles dites par Jésus lors de la guérison suscitèrent l'étonnement et les objections des « scribes » présents (v. 6-7). Dans les Évangiles, on appelle « scribes » les personnes qui étudiaient la « Loi », c'est-à-dire les livres de l'Écriture sainte, et l'enseignaient aux autres. De nos jours, nous appellerions ces personnes des théologiens professionnels. Comme aujourd'hui les théologiens professionnels dans l'Église, ces hommes jouissaient dans la Synagogue d'une autorité particulière grâce à leurs connaissances ; on les respectait, on écoutait leur opinion. Mais, comme cela arrive malheureusement parfois à tous les théologiens de toutes les époques, ils abordaient souvent de manière trop formelle des questions qui n'exigeaient nullement une telle approche théologique formelle, s'attachant souvent à des détails et ne voyant pas derrière eux l'essentiel : le Royaume de Dieu que Jésus a apporté dans le monde.
