RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ap 21:1-8

Le livre de l'Apocalypse s'achève par la description d'un monde nouveau et transfiguré, dont le centre spirituel devient la Jérusalem céleste. Comme on le voit, la transfiguration de la nature et la manifestation de la Jérusalem céleste sont deux aspects d'un même processus spirituel, par lequel s'achève la première étape de l'histoire du Royaume, qui inclut entièrement le monde transfiguré par le souffle de Dieu. Il s'agit apparemment bien de la première étape, après laquelle en viendra sans doute une autre, nouvelle, dont le contenu et le sens demeurent encore pour nous un mystère. Une seule chose est évidente: avec l'avènement du Royaume, la vie ne cesse nullement de se développer; elle prend seulement des formes nouvelles, encore peu compréhensibles pour nous. Une chose est claire: le «nouveau ciel» et la «nouvelle terre» mentionnés par Jean supposent le renouvellement complet de la création, un changement qualitatif de la nature même de notre monde. La mention par l'apôtre de la mer, qui «n'est plus» (v. 1), en témoigne aussi.

Dans les livres bibliques, la mer symbolise d'ordinaire le chaos, ainsi que les forces qui se tiennent derrière lui et l'ont engendré, forces opposées à Dieu et cherchant à détruire le monde créé par Dieu. Il n'est pas étonnant que, dans le monde nouveau et transfiguré, il n'y ait plus de place pour ces forces. Et le centre du monde nouveau est Jérusalem, ce qui n'a rien d'étonnant: c'est bien à Jérusalem et au Temple qu'est liée cette Présence qui a fait du peuple juif le peuple de Dieu. Ce n'est pas non plus par hasard que, dans les visions de Jean, le Trône prend souvent les traits et les formes du Temple ou de la Tente. Désormais, après la transfiguration, le Trône devient le centre spirituel de la création transfigurée, son sens et son foyer. Le symbole de ce foyer devient la «nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d'auprès de Dieu» (v. 2).

Dans le monde nouveau s'est enfin accompli ce qui s'entrouvrait dans les visions des grands prophètes d'Israël: l'abîme qui séparait auparavant Dieu de son peuple a disparu, abîme lié moins à l'incomparabilité de Dieu et de l'homme, que Dieu peut surmonter, qu'à la condition pécheresse de l'homme, que seul l'homme lui-même peut surmonter par le repentir et la conversion. Et maintenant que le péché de l'homme et le mal du monde ont disparu, plus rien n'empêche cette plénitude de communion avec Dieu que désiraient tant les justes et les témoins de Dieu (v. 3-4).

Cette communion avec Dieu, comme on le voit, inclut déjà non seulement l'homme, mais toute la création, devenue beaucoup plus réceptive aux influences spirituelles. Auparavant, le monde, pénétré par le mal, y réagissait à peine; maintenant, il est manifestement devenu plus sensible à la volonté de Dieu et, en même temps, plus dépendant de son action. «Je fais toutes choses nouvelles» (v. 5) se rapporte sans doute non seulement au fait du renouvellement et de la transfiguration de la création, mais aussi à son existence même: plus encore qu'auparavant, elle est désormais déterminée par ce souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré. Le monde existe en se renouvelant sans cesse sous l'action de son Créateur, et si cela était auparavant caché, désormais la fraîcheur spirituelle et la nouveauté de la création, manifestées à chacun, témoignent de Dieu aussi clairement que la justice des fidèles témoignait autrefois de Lui. Ainsi, dans le monde nouveau et transfiguré, le témoignage de l'homme se confond avec le témoignage de la nature renouvelée par l'action du souffle de Dieu.