RÉFLEXIONS pour Nb 34:1-29
Dieu définit les frontières du pays promis par Lui au peuple avec une parfaite précision, si bien que, si nous connaissions l'emplacement exact des lieux géographiques mentionnés dans le texte, on pourrait encore aujourd'hui les tracer sur le terrain avec une précision de quelques centaines de mètres. Une telle précision peut paraître presque invraisemblable, et pourtant c'est bien ainsi que Dieu trace la frontière du pays où son peuple devra vivre. Il choisit aussi les hommes qui devront, le moment venu, après la conquête, répartir le pays entre les tribus.
Une telle minutie fait réfléchir. La question des frontières, de leur modification, des conquêtes de terres par différents peuples et de leurs conséquences a toujours été actuelle, surtout dans le contexte des idées de «droits historiques», de «frontières légitimes», d'annexions, de droits du conquérant et de choses semblables, auxquelles vainqueurs et vaincus se référaient d'ordinaire.
Or, pour Dieu, la question des frontières et de leurs déplacements n'a jamais été une question formelle ou purement juridique. Il en va de même, au fond, de la question des «droits de l'homme» en général, du moins au sens où on la pose habituellement de nos jours. Tout simplement parce que ni les individus ni les peuples n'ont de droits inaliénables par eux-mêmes. Bien sûr, l'homme peut croire qu'il en possède, mais au premier affrontement avec la nature ou avec la société, il comprend très vite que la nature comme la société ne connaissent qu'un seul «droit»: le droit du plus fort.
La seule alternative à ce droit peut être l'amour, mais il n'appartient ni à la nature ni à la société déchue; il n'existe qu'en Dieu. Pour Dieu, seule compte la dynamique des relations, qu'il s'agisse d'une personne particulière ou d'un peuple entier, car on peut parler des relations de peuples entiers avec Dieu. Dieu conduit chaque peuple, assignant à chacun sa tâche historique et lui proposant, de son point de vue, le chemin historique optimal, de même qu'il assigne à chaque personne sa tâche spirituelle et lui propose aussi le chemin optimal, spirituel et vital.
Ce qu'un peuple possède et la manière dont il en dispose dépendent du chemin qu'il choisit et de la mesure dans laquelle ce chemin correspond au dessein de Dieu pour ce peuple, de même que ce qui appartient à une personne et la manière dont elle dispose de ce qui lui appartient dépendent du chemin qu'elle choisit et de la mesure dans laquelle son choix correspond à la volonté de Dieu.
Si le chemin d'une personne ou d'un peuple entier est loin du dessein de Dieu, la guerre est inévitable, et alors la question de savoir à qui appartient quoi se décidera selon les résultats de cette guerre. Mais si un peuple ou une personne marche à la suite de Dieu pas à pas, Dieu fixera Lui-même toutes les frontières. Pour Lui, elles sont déjà fixées, et Il révèle sa décision à son peuple. La suite dépend déjà du peuple lui-même.
