RÉFLEXIONS pour 1Jn 1:1-4
En témoignant du Christ, Jean témoigne en même temps du Royaume. Il ne peut en être autrement: ils sont inséparables. La manifestation même du Fils est liée au fait que la vie de Dieu, auparavant invisible et inaccessible, la vie du Père céleste, devient visible (v. 2). Visible à travers un Homme concret et en un Homme concret, que l'on peut toucher de ses mains et examiner comme nous pouvons examiner et toucher tout ce qui existe dans notre monde (v. 1). Et, par là, devenir partie du Royaume, participer à la vie dont vit le Père et que le Fils porte en Lui dans toute sa plénitude (v. 3). Voilà le christianisme. Ce n'est pas par hasard que Jean parle de la plénitude de la joie (v. 4; la traduction synodale l'appelle «joie parfaite»). Il s'agit de cette joie liée à la présence de Dieu dans la vie d'une personne ou d'une communauté. Cette joie était connue, bien sûr, avant la venue du Christ.
Mais personne, aux temps préchrétiens, n'en connaissait la plénitude. Et cela ne tient pas au fait qu'elle n'aurait jamais été vécue pleinement par personne, ni même au fait que toute joie, avec la vie, se terminait alors dans le shéol, le monde des ombres, le royaume des morts, qui égalisait tous les hommes. Cela tient au fait que le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, ne pouvait être contenu en plénitude dans aucun coeur humain; il ne pouvait donc pas s'ouvrir au monde de l'intérieur, de manière à être accessible à tout chercheur.
De l'extérieur, ce souffle parvenait jusqu'au monde, et il y eut en tout temps des personnes qui le sentaient. Mais transformer entièrement notre monde, le ramener à l'état où il pourrait redevenir partie du Royaume, comme avant la chute, n'est possible que de l'intérieur. Et le Sauveur, venu dans le monde, y apporte le Royaume. Dans toute la plénitude désormais accessible à quiconque cherche et est prêt à Lui faire confiance.
Mais participer à la vie du Royaume ne signifie pas seulement la toucher extérieurement. Cela signifie aussi la laisser entrer au-dedans. Faire que notre coeur devienne cette porte par laquelle le souffle du Royaume entre dans le monde. L'homme déchu n'en a pas la force. Mais on peut ouvrir son coeur au Christ, Le laisser entrer dans sa vie, et alors Il fera de notre coeur cette porte par laquelle le souffle du Royaume fera irruption dans le monde, comme il y fit jadis irruption par les fenêtres ouvertes de la chambre haute de Sion. Alors notre vie deviendra pleinement chrétienne: nous vivrons par le Royaume et dans le Royaume.
