RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ap 19:1-10

La défaite du diable et des forces des ténèbres s’accompagne des acclamations de l’Église triomphante, qui retentissent depuis le Trône de gloire (v. 5–7). À première vue, on peut croire discerner dans ce triomphe des accents assez nettement vindicatifs (v. 1–4). Mais il ne s’agit évidemment pas du fait que les chrétiens se réjouiraient des catastrophes qui s’abattent sur le monde à cause de son péché. L’image de la « prostituée de Babylone » n’apparaît pas par hasard dans la vision de Jean ; elle est sans aucun doute liée à une autre image féminine, celle de « l’épouse de l’Agneau », prête pour ces noces qui, dans les livres du Nouveau Testament, deviennent le symbole du Royaume messianique (v. 7–9).

Il y a ici à la fois parallèle et antithèse : dans les livres bibliques, aussi bien de l’Ancien que du Nouveau Testament, les relations conjugales deviennent le symbole des relations de Dieu avec Son peuple, tout comme avec chaque personne. La symbolique néotestamentaire des noces, de la chambre nuptiale et du festin de noces, comme symboles du Royaume messianique, prolonge cette tradition ; et l’image de la « prostituée de Babylone » en est un élément qui, bien entendu, n’est pas non plus fortuit : dans les livres de l’Ancien Testament, surtout les livres prophétiques, le paganisme est souvent envisagé comme une débauche spirituelle, comme une trahison de cette alliance avec Dieu dont les liens conjugaux deviennent le symbole.

Dans un tel contexte, la mort de la « prostituée de Babylone » devient non seulement le symbole de la catastrophe qui s’abat sur ceux qui s’opposent à Dieu ; elle se révèle être le triomphe de l’Alliance sur la trahison, de la fidélité sur l’apostasie, du Royaume sur ses ennemis. Un tel triomphe ne peut évidemment susciter chez les fidèles rien d’autre que la joie, non parce qu’ils prendraient plaisir à voir les pécheurs punis, mais parce que le triomphe du Royaume est pour eux le but et le sens de la vie. Bien sûr, tout chrétien voudrait que chacun soit sauvé, que personne ne reste hors du Royaume. Mais cela dépend du choix de ceux à qui le Royaume est proposé, et personne ne peut ni le prédéterminer ni le changer : le Royaume ne s’impose pas, il se propose, et on ne peut l’accueillir que librement. Bien sûr, on ne peut que regretter le choix de ceux qui rejettent le Royaume, mais ce regret ne diminuera pas la joie des fidèles devant son triomphe.