RÉFLEXIONS pour Nb 29:1-39
La fête appelée Jour du son des trompettes peut sembler étrange et incompréhensible. En effet, quel est le sens d’une fête dont toute l’essence se réduit à un sacrifice avant et après lequel on sonne de la trompette ? Et quelles étaient ces trompettes ? D’après les renseignements historiques dont nous disposons, il s’agit de musique de cor. Il était d’usage de sonner du cor chez beaucoup de peuples, et les Juifs ne faisaient pas exception.
Pendant la guerre, le cor était l’un des principaux instruments de signal : sur le champ de bataille, on s’orientait d’ordinaire précisément d’après ses sons ; mais en temps de paix aussi on l’utilisait souvent, surtout les jours de fête et de solennités. Par la suite, les sons du cor furent remplacés par les sons des trompettes, que chacun de nos contemporains a dû entendre. Pourtant la question demeure : pourquoi fallait-il sonner du cor au Jour du son des trompettes ? Quelle solennité célébrait-on ce jour-là ? Quelle fête fêtait-on ?
Pour le sacrifice, c’est compréhensible : on pouvait l’accomplir n’importe quel jour, et il n’était nullement nécessaire d’attendre pour cela une fête particulière. Les fêtes, bien sûr, s’accompagnaient de sacrifices, mais le sacrifice était en un certain sens autosuffisant, devenant une fête en lui-même : la fête de la rencontre avec Dieu et du repas partagé avec Lui. La musique de cor, au contraire, n’était pas autosuffisante ; elle était appelée précisément à accompagner la fête. Il en résulte que la fête principale était le sacrifice lui-même.
En même temps, tout le peuple participe au sacrifice par tribus, de sorte que chaque tribu accomplit son propre sacrifice, qui peut être considéré d’un côté comme tribal et, de l’autre, comme partie du sacrifice national commun. Il ne s’agit pas seulement d’une fête : il s’agit de la présentation solennelle devant Dieu de tout le peuple, par tribus, chacun avec son sacrifice, de sorte que chacun a avec Dieu sa propre table, son propre repas, sa propre solennité tribale, et toutes se fondent en un seul tout. C’est alors que les sons du shofar, ainsi se nomme en hébreu le cor sacré utilisé pendant les fêtes religieuses, étaient pleinement à leur place.
C’était un appel à Dieu et en même temps un témoignage, le témoignage de la disponibilité du peuple à Le suivre, de même que la réponse du guerrier au son de la trompette de combat témoigne de sa disponibilité à partir en campagne militaire. Certes, une telle disponibilité était demandée au peuple toujours, et non pendant une seule semaine de l’année, mais en temps de paix aussi les soldats ont des revues. Le Jour du son des trompettes était une telle revue pour le peuple, une revue absolument nécessaire, étant donné que la conquête de la terre promise comme la vie sur celle-ci supposent de marcher derrière Dieu, sans dévier et sans s’arrêter.
