RÉFLEXIONS pour Nb 24:1-25
Finalement, Balaam fait tout de même ce qu'il ne peut pas ne pas faire comme authentique prophète: il bénit le peuple de Dieu. Il le bénit malgré toutes les promesses et menaces de Balak, qui l'avait invité. Cela se comprend: Balaam sait parfaitement ce qui arrive à un prophète qui trahit sa vocation. Il avait peu de chances d'avoir entendu parler de Yahvé auparavant: il est originaire de Mésopotamie, et les rumeurs au sujet des Hébreux y parvenaient à peine, d'autant plus que même des voisins plus proches ne savaient alors presque rien d'eux.
Balaam ne savait avec certitude qu'une chose: cette voix même qu'il avait entendue, très probablement dès l'enfance, et en l'entendant était devenu prophète, lui ordonne maintenant de bénir ce peuple surgit on ne sait d'où, et non de le maudire. Peut-être y eut-il des cas où tout n'était pas aussi clair. Ce n'est pas par hasard que Balak invite Balaam pour maudire le peuple; il lui passe en fait une sorte de commande de malédiction, et Balaam y va, bien que les premiers signes indiquant qu'il ne fallait pas y aller lui aient été donnés avant même son départ. Il y eut sans doute des cas où le prophète pouvait appeler à l'aide celui dont il entendait la voix.
Mettre en action la force qui se tenait derrière lui. En ces temps-là, chaque prophète était en partie aussi un mage; il possédait une force qu'il pouvait, jusqu'à un certain point, diriger. Si le désir de diriger la force, de s'en emparer, l'emportait, le prophète disparaissait et un mage, un sorcier tribal, prenait sa place. Si le prophète renonçait de façon conséquente à tout ce qu'il y avait de magique dans l'expérience prophétique de son époque, s'il renonçait à s'emparer de la force et à toute tentative de la manipuler, il pouvait devenir un authentique prophète, capable parfois d'entendre la voix de Dieu et de voir les anges.
Tout dépendait ici du choix de l'homme lui-même, comme c'est toujours le cas sur tout chemin spirituel. Dieu, de Son côté, ne veut la perte de personne; Il veut sauver chacun et donner à chacun la possibilité de L'entendre et de communiquer avec Lui. Un tel moment de vérité arriva aussi pour Balaam, lorsque se posa le choix: bénir le peuple comme cela lui avait été révélé, ou tenter d'utiliser la force reçue pour le maudire. Balaam choisit la première voie, demeurant prophète et devenant témoin de Dieu, contrairement à ce que Balak attend de lui.
